Le repaire du Baron Rouge
Notes sur les temps nouveaux L'air du temps a ceci de commun avec de la viande avariée qu'après quelques jours il devient irrespirable. Il flotte dans cet air du temps, comme un parfum de racisme, de mysoginie et d'homophobie, toutes trois "décompléxées": c'est le mot à la mode. Création d'un Ministère de l'immigration et de l'Identité Nationale, accession de Christine Boutin au ministère du logement, le tout supervisé par M. Fillon, l'homme des réformes du même nom, voilà qui promet. Et le bon peuple d'applaudir. "Les crétins, masse notable" disait Victor Hugo. Il flotte dans l'air du temps comme un parfum de pourriture, une fragrance annonciatrice de ratonnade. Mais c'est sûrement moi qui ai un mauvais odorat. Notes sur les temps nouveaux II Hier, dans l'excellente émission de France Inter, "2000 ans d'Histoire", il était question de la naissance de la figure de "l'intellectuel engagé", ces écrivains du Siècle des Lumières qui se sont battus pour leurs idées et qui, bien que la plupart soit mort avant, sont les principaux inspirateurs de la Révolution Française. Etant incorrigible, je ne pus m'empêcher de comparer la richesse de la vie intellectuelle de l'époque avec l'indigence et la médiocrité qui règnent de nos jours. "L'opinion mène le monde; vous devez menez l'opinion", disait Voltaire à ses amis érudits. Aujourd'hui, les gens s'informent en regardant des talks-shows, et ce sont les pailletes qui mènent l'opinion. Tout est facile, tout est clinquant, tout est vulgaire. La culture, aux yeux de certains, est une contrainte, ou pire : un produit de consommation comme un autre. Comme si une société pouvait avancer sans utopie, sans grandes idées. La publicité, la télévision, jusqu'aux politiciens : tous nous invitent à ne pas penser, à ne pas develloper notre sens critique. Une population qui ne pense pas, c'est pratique pour un homme politique: on peut lui faire avaler n'importe quoi. On peut lui faire croire que les gens qui sont au chômage le sont parce qu'ils le veulent bien. Que les immigrés représentent un danger pour l'identité nationale. Que l'Autre est forcément une menace, un ennemi. Qu'il faut restaurer les "valeurs morales", l'autorité, pourquoi pas la peine de mort...etc. On devrait éteindre la télévision. Relire Voltaire, Rousseau, d'Alembert, et aussi Beaumarchais. Pour réapprendre l'insolence. Pour réapprendre à penser. Notes sur les temps nouveaux III La semaine dernière, la télévision a franchi une nouvelle étape dans sa course à l'audimat -et à l'ignomignie. Une chaîne de Belgique un monté un canular de toutes pièces, en faisant croire qu'elle allait diffuser un "jeu" au cours duquel une patiente atteinte d'un cancer en phase terminale allait choisir, entre trois participants ayant besoin d'une greffe de reins, lequel repartirait avec le sien. Tout cela était faux, et pourtant, c'est encore plus ignoble que si cette émission avait été réalisée. Nous ne sommes rien. Dans ce monde de consomation à outrance, la souffrance des malades est tout juste bonne à servir de matière première aux chaînes de télé, à leurs directeurs de programmes sans scrupules, à leurs "communiquants" cyniques. Nous ne sommes plus rien. Victime consentante de la poubellisation du monde, complices de sa propre aliénation, le peuple regarde, béat, le monde aller au bord du gouffre, avec la même stupidité passive qu'une vache regardant passer les trains. Dans les années 30, les gens imaginaient le XXI eme siècle comme une ère de progrès aussi bien scientifique qu'intellectuel. Au lieu de cela, c'est l'ère de la bêtise érigée au rang de système, l'avènement de l'idiotie, le triomphe de l'imbécillité. Nous ne sommes plus rien. Et il y a des crétins pour s'en réjouir. Bienvenue au dans les temps nouveaux. Bienvenue dans votre cauchemar.
Note sur les temps nouveaux IV L'homophobie semble être devenue une mode dans la chanson antillaise. Krys, Admiral T, Lieutenant : non content de faire partie de cestte catégorie d' "artistes " qui vous font regretter de ne pas être sourds , ils contribuent à faire régner sur l'île un climat de haine et de violence envers les gays et les lesbiennes. Injures, menaces, agressions même parfois : jolie ambiance.
Qu'est-ce qui autorise une bande de sous-musiciens, à l'esprit borné et au verbe haut , à qualifier une partie de la population d'"anormale", de "perverse"et autres propos aimables ? Qu'est-ce qui autorise ces petits procureurs minables à appeler dans leurs chansons au meurtre des homosexuels ? Pourquoi est-ce que les élus les laisse faire ? Pourquoi est-ce que les radios et le CSA les laissent dire ? Pourquoi est-ce que^tout le monde fait comme si de rien n'était ? Pourquoi est-ce que personne ne se s'insurge ? Pourquoi est-ce que personne ne hurle ? Pourquoi est-ce que personne ne se révolte ?
Pourquoi ?
Retour à l'accueil du blog
|
|