N'ai jamais passé aussi peu de temps à réviser un examen. N'ai jamais été aussi peu motivée surtout. Le but de tout ça ? L'absurde de ces études m'empêche de me concentrer. Mais il le faut. Si je râte mon semestre, je râte mon année. Si je réussis, je fais quoi ensuite... ? Mais il ne faut pas y penser. Ce sera bien pire si je râte. Et puis le sentiment d'échec est plus démotivant que tout. 23h25 et je planche à peine. Recommencer demain ? Reprendre cette ligne 8 ? Rejoindre ces locaux ? Dans quelle optique, je ne sais pas. Je cherche. Mais il faut y retourner.
C'est pour notre avenir, je le sais. Je veux le faire pour quelqu'un, au moins. Mais c'est pas ça ma voie.
Ah, loin le temps où j'ai passé mes vacances à travailler la philo, parce que j'aimais ça. Loin ce temps... Ce bon vieux temps.
Dans vingt-quatre heures, je réalise qu'on ne sera plus ensemble. Dans vingt-quatre heures, ce sera la veille du début de mes examens. Dans vingt-quatre heures, le dimanche soir malheureux fera son grand retour. Dans vingt-quatre heures, je regretterai de ne pas avoir vraiment profité de cette dernière semaine. Dans vingt-quatre heures, je me poserai à nouveau des centaines de questions. Dans vingt-quatre heures, j'aurai l'impression que plus rien n'est possible.
Mais heureuse, je le suis avec lui, merde ! Il a choisi une des voies les plus difficiles, les plus stressantes. Mon rôle c'est de le soutenir, de le comprendre et d'attendre sagement que tout cela soit fini. Par ailleurs, il pourrait très bien s'enfermer pour réviser, ne jamais me voir et pourtant on s'est vu tous les jours depuis deux semaines. Dont une semaine où j'ai passé mon temps à pleurer, dans ses bras, ou pas. Il n'a pas besoin de ça. Moi non plus d'ailleurs. J'ai le choix. Il est temps que Cawo se réveille, il est temps que Cawo s'assagisse. Voila ma résolution de 2008. Il est grand temps.
J'ai passé un week-end merveilleux. Si, si. Fantastique. Tout ce qu'on peut rêver. Un petit chéri rien que pour moi, deux belles villes du Nord toutes illuminées, une grande et belle maison, des grands-parents tout ce qu'il y a de plus charmants avec la petite Cawo. Et puis nos petites habitudes, nos rituels, des moments à deux, ici ou là. Une grande roue, un magasin rempli de Docs, des frites-mayo, un DVD bien au chaud, plein de calins et des mots doux. J'en ai de la chance =)
Mais voila. Ce qui devait arriver arriva. Cawo est Cawo et Cawo reste Cawo. Cawo garde toujours avec elle un large sac à bandoulière ouvert à toute main balladeuse. La naïveté de Cawo ne s'échappe pas d'elle non plus, malgré tout. Elle continue de défendre la veuve, l'orphelin, l'opprimé et le grand méchant loup devenu, selon elle, bête féroce malgré lui. Du coup, alors que la nuit était tombée sur cette charmante ville du Nord, on a joué un bien mauvais tour à la petite Cawo vêtue de son bonnet noir et rose et de ses gants assortis. Le Grand Méchant Loup guettait, alors qu'elle était sur son nuage neuf avec le Monsieur d'Amour. S'étant tapie dans un coin et guettant le moment opportun, la bête était dissimulée dans l'ombre. Saisissant l'instant parfait pour bondir de sa cachette, elle passa comme un éclair et saisit ainsi l'objet de ses désirs, juste avant que le train ne démarre. Adieu messages, photos, contacts, instants et paroles immortalisés. Son fidèle compagnon s'était fait enlever, et ce pour toujours.
Voila un conte bien malheureux, ou comment voler un téléphone portable dans le TER Lille-Douai, le samedi à 20h10.
Ceci étant, Cawo ne vient pas pour se lamenter, non, non. Les plaintes sont passées, la ligne et le téléphone sont bloqués, la naïve, plus si éternelle que ça, a fait le deuil de ses souvenirs faits de pixels et se sent prête à affronter de nouveau la dure loi de la jungle. Elle se souvient de quelques manies très récurrentes relatives à l'objet de convoitise du Grand Méchant Loup mais on efface tout et on recommence. Il y a bien pire que ça dans la vie d'un Petit Chaperon Rouge, d'une Mère-Grand et même d'un Grand Méchant Loup recouvert de pustules. La bête féroce n'a pas réussi à ôter le sourire de la Cawo qui revient de son week-end.
Seulement, seule chez elle, elle n'a pas de lien direct, en particulier avec lui. Ce qui lui permettait de patienter jusqu'au samedi a été croqué par l'animal, et même s'il est parti en poussière avant qu'il ne puisse l'avaler, elle non plus ne pourra plus y toucher.
Morale de l'histoire :
Apprenons à nos dépends, A nous méfier de l'homme déambulant Qui tel ce féroce Grand Méchant Loup, Pour quelques sous est prêt à tout, Mais si les pixels s'envolent d'un coup de vent, Les souvenirs eux restent bien présents.
Au lieu d'écrire, raturer, effacer, réécrire, je vais illustrer. Ca vient de cemonsieur.
Elle se trouve en toi la capacité à vous détruire...
Sombre nuit. Ecouter cette nouvelle chanson de Saez qui me brûle de mélancolie. Incapable de tracer ma route et de relever la tête. Vers l'avant. "Faire de la poussière un peu plus que du sable." Chut, tes mots me tuent. Chut, chut, pause. Non, écoute, entend, oui je t'en prie. Ne reste pas aveugle. Lui, désenchanté plus que jamais. Je t'en supplie ne te range pas du côté des ombres passées. Plus de dix ans en arrière, ce fantôme bien plus jeune que toi, qui regarde en arrière d'un air de dégoût et de lointain. Je t'en prie, lève-toi. Tes pas gravés dans le sol ne peuvent être qu'une esquisse. Si jeune, si amère. Ce temps, il n'y a plus. Trop tôt ces mots, ces souffles, trop tôt éteints. Grave dans la pierre ou dans la poussière, réveille toi. Point de ton âge tout ce gris transparent. Mais la torpeur d'être consumé par les maux, consumé, consumée, comme cette mélodie remplie de vide et de silence de mort. Telle une lettre d'adieu, de pierre tombale.
Je crois que je viens de comprendre (à nouveau, j'avais éludé, en réalité) un gros problème chez moi. Je n'aime pas dormir.
Enfin, que ce soit bien clair, j'aime effectuer l'action de dormir. Je me sens bien dans mon lit, je suis sereine quand je viens de faire un gros dodo, surtout s'il est bien mérité, j'adore me plonger dans le sommeil. Mais, en venir au moment où je décide personnellement d'aller me coucher me coûte beaucoup. Ca me demande un effort considérable.
C'est ridicule, n'est-ce pas ? Mais oui c'est ça, j'aime vivre la nuit. Je m'y sens bien. J'aime être debout alors que tout le monde dort, j'aime écouter de la musique avec mon casque, surtout très fort, j'aime errer la nuit, lire un roman envoûtant, écrire quelques mots. J'aime vadrouiller la nuit, dans les rues de Paris, dans notre ville inanimée, dans celles d'à côté, avec mes comparses. J'aime les ponts parisiens, la nuit. J'aime les bars enfumés.
J'aime être seule, ou discuter un moment. J'aime les ambiances électriques, les soirées interminables. J'aime plannifier les temps à venir. J'aime observer la lune, les étoiles, la rue éteinte et déserte, les arbres devant chez moi.
Je me rappelle quand je parlais de mes problèmes d'insomnie à mon professeur de français en première. "Le souci c'est que j'ai l'impression de perdre mon temps en dormant." Les choses sont tellement différentes et plus intenses la nuit, que je n'aime pas le fait d'être assoupie et de les manquer.