Quatre heures passées. Tamtrum, Industrial Room. Bourrée de cachets pour supporter cette douleur. Deux heures pour que les cechetons fassent enfin effets, sûrement aidés par l'intervention de mademoiselle la codéine. Du coup je plâne je ne sais où en espérant que ça ne me relance pas avant un minimum d'heures.
Aujourd'hui ça fait quatre mois. Je ne sais pas pourquoi, mais ce petit chiffre signifie beaucoup pour moi. C'est niais, cliché, horriblement gaga, gai et joyeux, hein ? :) C'est qu'il me rend heureuse le Monsieur Olive.
Donc en bref il est tard, cette semaine est rude, j'ai de plus en plus de cornes sur les doigts à force d'écrire (J'ai d'ailleurs un doigt déformé depuis un an et quelque, surprenant, n'est-ce pas ?), le chapitre sur Love and Sex en anglais fut très divertissant, puisque je sais maintenant traduire luxure, soirée échangiste ou aventure sans lendemain. Oui, je suis chanceuse.
Apprendre environ mille mots de vocabulaire, c'est bien plus lourd que ce qu'on imagine. Voyons voir. Je fais 9h-17h demain, donc 9h-2h du matin, le temps de finir de réviser. Partiel d'anglais mercredi, d'où l'apprentissage forcé et quelque peu rébarbatif. Quoique, je vais pouvoir nourrir mon Let's fuck habituel. Haha. Cours à rattraper, cours à recopier. Fiche de lecture à rendre vendredi, une grande partie de la note finale. What a relief... Trois devoirs d'allemand pour finir la semaine. Sachant que mon niveau d'allemand est toujours aussi pitoyable et qu'il me faut donc chercher la quasi-totalité des mots dans le dictionnaire. Oh mais j'oubliais, samedi matin je rattrape les heures perdues de linguistique, with Sir Robot, please.
Je ne me plains pas, je constate. Nothing but a statement. Donc en gros la question c'est : "Caro, qu'est-ce que tu fous ici à 01h37 ? Soit tu bosses soit tu te pieutes." Excellente question.
Ok. Ca, vous voyez, tout ça. C'est ce qui me manque le plus au monde. Bien sûr qu'il me manque. Atrocement même. Bien sûr que je pense sans arrêt à lui. Bien sûr qu'ils me manquent. Bien sûr que chaque (rare) samedi soir où l'on peut tous se retrouver est un vrai moment de pur bonheur. Mais je les retrouve. C'est long mais ça vient. Et nous sommes toujours les Choops. Et lui et moi, toujours ce nous. Mais eux, tous autant qu'ils sont, dans notre petite salle 15, à vingt avec nos quelques professeurs féminines. Ce petit cocon, cette petite maison, ces locaux étroits, pas franchement modernes et rénovés, ces maternelles&primaires dans les pattes, ces cours attendus avec impatience, la petite famille TLienne, nos petites habitudes et cette ambiance chaleureuse, tout ça, je ne le retrouverai jamais. Pas même samedi prochain, lors de la mini-réunion des anciens, ni le 26 février, pendant la plus grande réunion à propos de l'orientation de la génération 1990 qui prend notre relève, et la dernière fois qu'on sera presque tous ensemble. Et je me rappelle des répliques de ma prof d'anglais, des phrases improbables et inoubliables de celle de philo', du point sur l'actualité à chaque cours d'histoire et "Vous avez bu du cognac ce matin ?", des tentatives de déchiffrer Bonnefoy avec Mme Littérature, le voyage à Cabour avec elle, sa chaleur humaine, tout&tout&tout&tout. Mon professeur de français de seconde et première qui marquera à tout jamais ma vie. Nos rendez-vous du mardi après-midi où il m'obligeait à me trouver cinq qualités, où il m'avait cerné entièrement. Dès le début. Tout ça me manque horriblement, je ne sais pas si j'y arriverai maintenant. Parce que depuis que ces années sont finies, tout s'est cassé la figure. Je voudrais juste pouvoir profiter encore un peu de tout ça... Et apprendre d'eux, apprendre... Enfin de compte j'ai tout appris là-bas...
Le dernier jour des Terminales. Je vous laisse me trouver.
D'humeur morose. Ce samedi 24, ce sera la réunion des anciens terminales. Avec ma prof d'anglais de TL. Une des professeurs qui croyaient tant en moi, une de ceux qui m'avaient donné leurs numéros "si tu as besoin d'aide l'année prochaine", qui m'ont aidé à faire mon dossier, qui m'ont toujours encouragé, qui y ont cru jusqu'au bout. Qui se sont projeté presque avant moi. Qui m'ont donné l'envie de croire en moi. Jusqu'à ce fameux 2 juillet. La première de la classe a bien déçu ses professeurs, même s'ils ont tous prétendu le contraire. "Ce n'est que le bac." "Lors de ces deux années, vous allez changer considérablement." Tout a changé ce jour-là. Vous pouvez prétendre tout ce vous voulez,I know. Et moi, je vais me rendre devant cette chère Mlle P. la tête baissée, parce que je n'aurai pas été capable.
Parce que ce 2 juillet j'ai arrêté de croire en moi, et ce pour de bon. Parce que revenir en arrière de quelques semaines n'arrangeraient pas les choses, ce sont les choix que j'ai fait en mars 2007 que je vais peut-être regretter toute ma vie. Game Over. Parce que j'aurai beau avoir l'air aussi convaincue et épanouie que possible, débiter un tas de mots enthousiastes et trompeurs, je le remarquerai. Je le décelerai tout de suite, ce petit regard, cette petite lueur. Déçue.
Tout avait commencé lorsque Caro a plongé le nez dans les bouquins, s'est imaginé haut, très haut, et tout a fini lorsqu'elle est retombée brusquement. C'est aussi simple que ça. L'ordre est rééquilibré. Elle est bien vite descendue de mon piédestale, en réalité. Et ce samedi 24 elle se fera toute petite.
Il y a les mois et les années, ce chemin que je connaissais par coeur, ces visages connus et inconnus que je ne me lassais pas de croiser, ces dialogues interminables, il y a cette petite salle de classe, la place de la mairie et tous ces coins vus et revus. Ces minutes et ces heures, inoubliables. Il y a comme un goût amer dans ma bouche, ce goût d'inachevé, ou de fini trop tôt. Ce manque incomblable. Comme si je ne m'en doutais pas. Peut-être que je finirais par oublier.