Je me lève ce matin, 10h30. D'humeur moins morose qu'hier. Il dort encore, il dormira longtemps. J'avance HP, je lui ai dit qu'on finirait ensemble, je m'arrête au même point que lui, crevant de suspense, cinquante pages avant la fin. Je remonte, je redescends. J'essaye de travailler, impossibilité de se concentrer. Deux heures plus tard il ouvre les yeux. J'ai dormi six heures mais je me tais. Il est fatigué, hein. Je me triture l'esprit depuis mon réveil mais surtout ne rien dire.
Au fond quelle importance ? Quelle importance que j'ai soif, que j'ai froid, que j'ai des crampes à l'estomac, que mes hormones soient déréglées, que j'ai une année à tuer en attendant dans une fac immonde avec des cours inutiles, que ma mère soit à nouveau en dépression qu'elle ne lui réponde plus quand on lui parle, que ma grand-mère fasse des crises tous les jours, qu'elle pleure qu'on achève sa souffrance, qu'elle se mette à délirer ? Quelle importance que je sois fatiguée, que j'ai mal à la tête, que j'ai très mal dormi, que ma soeur me hurle dessus pour que je l'aide à ranger, que je dois aller à cette [...]
Les choses ne se passent jamais comme ça. On n'avoue pas ce foutu mensonge et on s'en va en disant au revoir, on ne supplie pas qu'elle soit au courant. On ne pleure pas même pas. On ne comprend pas, on ne comprend plus. Et après on nous demande d'avoir des règles et des valeurs hein. Mais jamais, jamais c'est aussi simple que d'acheter une grande boîte de mouchoir, prendre un billet de train et tourner de nouvelles clefs. Je me demande bien s'il faut les avouer ces mensonges.
Il est deux heures et demi, ma soeur et moi écoutons Lara Fabian et Céline Dion et on s'porte bien, merci. Ca tourne en interprétation de Je t'aime par ma soeur après qu'on ait découvert qu'il ne s'agissait pas, non non, d'un énième hymne plaintif à l'adresse de ô mon coeur ô mon amour. Suivie bien sûr d'un slow langoureux entre les deux soeurettes en plein milieu du salon. Normal quoi.
Il est maintenant 22h35 et j'écoute un très bon remix d'Every you Every me. Je viens d'avoir le chéri au téléphone, de ranger ma chambre et de sortir mes cours avant de les laisser traîner sur le bureau. Je tourne en rond moi, dis-donc. Je voulais écrire quelque chose, je ne sais même plus quoi.
Pourquoi suis-je censée être de bonne humeur ? Je n'ai qu'un cours de 14h30 à 16h00 demain. Ce que j'attend (presque) le plus depuis des années sort vendredi. Je suis un peu moins jalouse et hystérique que les semaines précédentes. J'ai (normalement) réussi mon contrôle d'anglais. Je me suis pas trahie et j'ai pas du tout grignoté aujourd'hui. Plus que deux jours et demi.
Pourquoi ne suis-je pas de bonne humeur ? Je n'arrive pas à toucher à un seul cours et je ne vois même pas à quoi cela servirait que je le fasse. Vendredi, c'est la fin. Et je deviens complètement parano par peur qu'on me balance encore ce que je ne veux pas savoir. Je suis toujours jalouse et hystérique. J'ai râté mon contrôle de grammaire ultra-facile (faut pas me demander pourquoi). Je supporte pas mon corps en ce moment. Je redoute désormais les week-ends, bravo Cawo. Cette chanson donne légèrement envie de se balancer par la fenêtre. Je tourne en rond au point d'actualiser ce blog deux fois par jour et de penser à déménager mon autre que j'avais clôturée à cause de l'autre névrosée, rien que pour blablater avec moi-même. Je n'ai même pas parlé à mon homme de ma journée, je lui ai dit que j'avais dormi tout l'après-midi, pour éviter de commenter le fait que j'avais passé la dite-aprem' à commater en psychotant. Je recommence à faire des listes, tout plein de listes, c'est pas bon signe. Nostalgie, nostalgie, nostalgie je te hais (et mélancolie non plus, je t'aime pas).
Cawo écoute Pauline Croze après trois heures de Xotox et de JoolMusic, mange une banane pour tuer sa faim tout en évitant de flinguer ses longues minutes de stepper, regarde d'un air épuisé par la fenêtre le vent souffler dans les branches d'arbres, pense à la lettre qu'elle a reçue, cette lettre de son lycée pour prévenir de la soirée des anciens à retourner pour prévenir de sa venue, va remplir sa bouteille d'eau et en profite pour se regarder dans le miroir, observer les cernes bien marqués et se faire un rapide café pas bon. Cawo le mercredi matin a tout plein de projets, s'amuse en cours de version, revient toute crevée et ne fait rien. Enfin elle écoute Pauline Croze, mange une banane, regar... Tiens, il pleut.