Et le rire vola en éclat
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"On ne changera pas le monde maman"
Adieu prépa, adieu oppression pour ma part, adieu hypocrites...La liste est longue, très longue, peut-être même trop longue.
Le troisième trimestre a été pour moi décisif pour un choix que je ne pense pas résumer. Un troisième trimestre où l'on a beaucoup mis la pression sur nos bien pauvres épaules, et durant lequel les révélations sur la nature des élèves dans les grands lycées lyonnais s'est fait enfin connaître.
Une simple liste pour rendre compte de l'ambiance exécrable qui régnait dans le monde la prépa, les gens honnêtes ont tous pris la fuite vers la faculté pour laisser libre cours aux tricheries, à la mauvaise foi, et au fayottage extrême en laissant pour compte des gens plus timides et pour le moins sérieux bien que n'excellant pas dans la tricherie.
Face à de grosses difficultés familiales et de collocations, j'ai beaucoup hésité à continuer la prépa, avec un doute permanent qui surplombait mon esprit " Prépa avec cet imbécile de professeur de français qui me coule ? ou la fac, un monde qui m'apparaît sauvage, inconnu, grand et qui fait peur ?"
Heureusement, ma naïveté et ma trop bête honnêteté m'a bien aidée à prendre la décision comme à la plupart de mes compatriotes. Eh oui, nous hypokhâgneux avons découverts qu'une grosse majorité complotait à notre insu pour nous exterminer, et s'attirer les bonnes faveurs de notre chers professeurs aveuglés par tant de bontés et d'intelligence de la part de ces derniers.
Il est évident que face à des personnes, préférant dormir le matin, plutôt que de se fatiguer, et ensuite faire le lèche-botte devant les professeurs, nous n'avons pas franchement tenu longtemps, et l'on est passé pour "les nuls", "les ratés", "les lents".
Tout d'abord, les professeurs se sont beaucoup acharnés sur des élèves fragiles, et d'autres en ont bien profité pour les enfoncer encore plus, ce qui est allés pour des filles qui n'avaient rien demandé à un quasi refus d'équivalence....
Pour réussir quoi de mieux que de changer le nom des sujets pour avoir celui qu'on préfère ? Et mieux encore le choisir parmi tous ceux de l'après-midi. Mais la technique imparable est d'aller pleurer devant le professeur et ensuite tirer son sujet 4 heures ou 5 heures à l'avance, et ricaner devant des gens qui sont malgré eux des imbéciles car il les tire à l'heure.
Pour les concours, pourquoi diable apprendre 5000 mots d'italien pour les concours blancs ? Il est tellement plus simple de faire des pompes et de dégoûter ces imbéciles d'hypokhagneux honnêtes. Puis les déclinaisons ? A quoi bon les apprendre ? C'est tellement plus facile de faire une version avec la plus forte de la classe ?
La prépa est devenue réellement désagréable, quand les coups bas ont commencé. Oubli de donner des fiches comme par hasard, oubli de dire que les devoirs sont annulés comme par hasard, oubli de prévenir pour des Ds comme par hasard...Le hasard est très fort en prépa.
Enfin, les tensions ont été très fortes ce trimestre entre deux groupes : les tricheurs et les honnêtes...C'est bête, manichéens, mais c'est ça.
*Flash Back dans le train*
- Alors Camille cette prépa ?!
Moi blasée - j'en peux plus, j'en ai marre, de cette ambiance. Puis je viens de réaliser qu'il faut être malhonnête et riche pour réussir dans la vie, l'honnêteté c'est pour les cons, je m'en rends compte un peu tard
Lui ébahi me sort : - Ben Camille, Tu le savais pas ?
Moi : On est d'accord alors.
Par conséquent, je n'ai pas demandé de passage en khâgne. Direction L2 de lettres modernes.
D'ailleurs, ce sont les gens les plus malhonnêtes qui sont passés, contrairement à beaucoup de personnes qui le méritaient.
Pour ma part, mon professeur de français était tellement mauvais que mon été, sera consacré à rattraper des cours, il faut que j'en trouve^^
Amoureux des jeux de mots...
Petite douceur littéraire. Lettre de Gorge Sand à Musset.
Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.
Il faut parfois savoir lire entre les lignes . cherchez donc
Clac...!
Quatre petites lettres qui m'ont écrasées. Non seulement clac, mais aussi claque.
Des clacs et des claques depuis le début de cette année. Des claques pour les notes, des clacs dans la famille, des claques pour son orgueil, des clacs pour la collocation. Et surtout un gros clac et une grosse claque en amour.
Retour de la gare, un mutisme complet qui envahit une voiture. Une tension entre deux personnes...et Clac...Un clac qui fait mal, un clac qui détruit, et qui assome, un clac que j'aurais voulu éviter. un Clac que je souhaiterais détendre, lui mettre un coup de fer à repasser, de la crème pour estomper les brûlures et recommencer en attendant un nouveau clac.
Un clac étourdissant au bruit du portail qui claque, des sentiments qui éclatent et le coeur qui se serre, prêt à exploser comme une bombe.
Et l'impression que jamais je n'arriverais à oublier un homme que j'ai tant aimé, car on aime souvent encore, et que je ne voulais arriver à un clac, mais à un coup de fer à repasser, et un baûme qui répareraient toutes nos erreurs, et qui me diraient au coin du coeur "ça va durer encore".
Aucune envie ne me prend d'oublier, ni une révélation, qui me dirait "mais oui tu t'étais trompée". Je voulais pas, je voulais avancer.
Le vide qui rentre, qui dévaste tout, et qui me dit que je n'arriverais pas à tomber amoureuse de quelqu'un d'autre, que sans lui, je n'arriverai pas à avancer, à continuer mes études, à me sentir bien, et à me sentir moins seule, et à regagner l'once de confiance en moi que je vien de perdre.
Un vide qui fait retentir le clac de plus en plus fort dans des larmes, un vide ou tout éclate, un vide qui me fait espérer que samedi 10 mai à 18 heures le clac n'était qu'une terrible blague, et que samedi 10 mai à 18 heures, on s'était tous les deux trompés.
Etant dans ma période sentimentale déprimée : "je suis moche, grosse et con, et en plus j'attire personne". Je me suis dit, courageusement, tenant un glaive de la main droite d'abattre cette rempart sentimentale qui se trouvait en moi. De lui mettre un coup dans le ventre, et de laisser tout jaillir comme des trippes, des boyaux, décortiquer la peau, et trancher les veines à bons coups de machettes. De les laisser s'éclater un bon coup. Comme dit la chanson, "cela peut paraître bien ordinaire, mais c'est ce que je veux". Les saigner un bon coup, et se laisser aller aux ondulations de la musique :
Aller à un concert
Repeindre ma chambre en vert
Boire de la vodka
Aller chez Ikea
Mettre un décolleté
Louer un meublé
Et puis tout massacrer
Pleurer pour un rien
Acheter un chien
Faire semblant d'avoir mal
Et mettre les voiles
Fumer beaucoup trop
Prendre le métro
Et te prendre en photo
Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi
Te faire mourir de rire
Aspirer tes soupirs
M'enfermer tout le jour
Ecrire des mots d'amour
Boire mon café noir
Me lever en retard
Pleurer sur un trottoir
Me serrer sur ton coeur
Pardonner tes erreurs
Jouer de la guitare
Danser sur un comptoir
Remplir un caddie
Avoir une petite fille
Et passer mon permis
Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi
ha ha
ha ya
ha ya
ha ha
Je sais je suis trop naïve
De dresser la liste non exhaustive
De toutes ces choses que je voudrais faire avec toi
T'embrasser partout
S'aimer quand on est saouls
Regarder les infos
Et fumer toujours trop
Eveiller tes soupçons
Te demander pardon
Et te traiter de con
Avoir un peu de spleen
Ecouter Janis Joplin
Te regarder dormir
Me regarder guérir
Faire du vélo à deux
Se dire qu'on est heureux
Emmerder les envieux
La liste. Rose
A compléter
Qu'allait-elle faire dans cette galère [part 2]
Comme tout le monde le sait, une partie de la France est en vacances, à mon plus grand bonheur, je me trouve dans cette partie de la France en vacances...Il faut tout de même mettre le mot vacances en lumière...Ces 8 lettres n'ont plus de sens depuis début septembre...:
*Flash back, 1er jour de cours*
Mon professeur de philosophie, mon professeur préféré, passionné, marrant, étrange, mirobolesque, dans la lune, attentionné...
On se regarde tous comme des sauvages dans la classe, commence à chercher comme des petites bêtes, le stéréotype de l'intello à lunettes, les hautains, ou les fêtards pour certains.
Et là s'avançant dans l'ombre, mon professeur de philosophie, notre chevalier fervent. Maniéré, des expressions étranges, des hésitations charmantes, il a tout pour faire et détendre devant 50 élèves pétrifiés et paralysés par la peur.
Vint le moment des questions ;
-mais heu la charge de travail, c'est quoi à peu près, on peut sortir, l'esprit de compétition ?
- Ou lalalalalalalala, que d'inquiétudes, vous savez l'hypokhâgne on s'en fout. Enfin, faut travailler quoi, un peu, pas trop, tous les soirs. Par exemple, vous avez énormément de choses à faire, il faut s'organiser. Vous vous dîtes : "bon ce soir, je me lis 100 pages de français, 100 pages de philosophie, je réfléchis à ma dissertations, j''apprends une page de vocabulaire, puis bon mes petits devoirs pour lendemain quoi...
Ah oui pendant qu'on y est, le sommeil, c'est la vie. Ah oui le sommeil, très important. Hein que c'est important le sommeil. Jamais dans ma vie d'hypokhâgneux, je n'ai grignoté sur mon sommeil. Jamais vous m'entendez, vous ne grignoterez sur votre sommeil ! Jamais tennntionnn. Et puis, vous en avez marre, ça arrive à tout le monde d'en avoir marre; Ben oui on en a tous marre à un moment ou un autre, ben qu'est ce que vous faîtes ? Ben vous allez au cinéma, par dessus les philosophes.
blablablabla
Comme on dit " primum vivere, deinde philosophare ". La vie c'est important, mais l'hypokhâgne on s'en fout."
Devant toutes ces paroles réconfortantes, nous sommes tous repartis soulagés. Vous imaginez bien.
Flash back 15 jours plus tard en cours de philosophie..
Ma voisine se retourne vers moi :
- Heureusement qu'on a ce professeur de philosophie, qu'est ce qu'il me rassure
D'un air compatissant :
- Oui heureusement, il est sympathique, puis il a un petit côté drôle.
En plein cours, un petit bourdonnement survient. Notre sauveur se met dans une rage folle, rouge de colère, il hurle...:
- Qui c'est qui discute ?!! Non mais vous vous croyez ou ? Dans une foire ? C'est bien ce que je pensais, vous vous croyez dans une foire, une foire de l'hypokhâgne....Non mais vous êtes en hypokhâgne, et dans l'hypokhâgne on travaille, et on travaille beaucoup ! Qu'est ce que vous croyez que le week-end, vous allez vous amuser, sortir voir des copains, mais non ! Hérésie ! Ne pas travailler en hypokhâgne, qu'est ce que vous croyez que vous allez sortir tous les soirs ? Non le weekend, c'est une demi-heure pour vous ! On ne se repose pas en prépa. Les vacances, vous n'en aurez plus, plus de vacances ! Bien sur vous sortirez, mais tous les jours : travail, travail, travail, travail. !!Faut travailler....
On se regarde mortifié, et complètement écœurés par un discours et on se dit, mais qu'est ce qu'on est venu faire là ? On se retourne vers notre tyran, avec des yeux de merlan frit, qui conclut :
- Faut travailler...mais pas trop. Et il sourit.
Avec un peu de recul, je me rends vraiment compte que c'est vrai je n'ai plus de vacances :
- 3 livres de philosophie : Ecrit sur l'art de Baudelaire, du beau de Baudelaire, L'œil et l'esprit de Merleau-Ponty.
- 3 ou 4 tragédies pour le français : l'illusion comique, Cinna, Britannicus, Oedipe roi
- 2 livres d'histoire : La Grèce classique, Le XXème (500 pages....)
- 2 livres de géographie : Les régions, L'inde et le grand écart
- Un exposé d'histoire, donc 2 livres à lire.
- Un Dm de latin
- Un commentaire + Version en anglais
- Une dissertation en philosophie : L'imaginaire artistique, donc je me retrouve avec déjà deux ou trois livres en plus...
- Une dissertation en histoire : Religion et vie civique
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