Et le rire vola en éclat
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J'ai toujours cette soudaine impression de ressembler à cette adolescente en crise de 16 ans...
*Se prend une bouteille de whisky*
Nostalgique. Je repense à tous ces moments où je tranchais savamment la peau avec un cutter ou un compas, sans que je me dise " Nan allez putain t'as 18 ans, c'est passé l'âge des conneries". Ou je pouvais coucher et faire l'amour trois fois de suite sans qu'on me dise "Nan je suis fatiguée" " On va se promener". Comment elle le dit bien Flantafafouille, l'amour c'est un enculé ( Je te demande la permission de te reprendre cette petite phrase :$)
Pourquoi tu pourrais plus y faire hein ? S'pèce d'imbécile ?
Peut-être parce que quand je vais me relire, je vais avoir l'impression d'être une fille complètement débile, pseudo suicidaire. "Je suis grosse, je suis moche je suis con, personne ne m'aime donc je me taille les veines".
C'est pas tant ça, une petite douleur qui revient, une petite boule dans la gorge que je ne parviens plus à évacuer sans recourir à des moyens pas catholiques. La grosse impression d'être complètement perdue dans mon orientation, de ne plus être faite pour les lettres, avec des notes catastrophiques, des commentaires qui arrivent à me faire pleurer sur ma table de cours. J'en ai marre des gens qui me disent " mais c'est la prépa tu sais, c'est fait exprès ", Ils y sont pas en prépa, qu'est-ce qu'y s'en savent qu'on peut pas avoir des bonnes notes, j'ai juste envie de voir que je vaux quelque chose, que je suis pas conne.
L'impression de ne plus attirer, c'est bien important ça, les célibataires diront que ben j'ai bien de la chance. Peut-être qu'il vaut mieux être célibataire que d'avoir l'impression que d'inspirer le dégout, ou la promenade contrairement à un petit moment à deux.
'fin pour dire que je me retrouve dans ce poème de Verlaine, dans les petits moments de déprime :
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Je laisse donc profiter de cette touche et oeuvre littéraire qui me fend le coeur.
Parce qu'il pleut, parce que j'écoute encore et toujours depuis 14 h 59, the glasgow theme, parce que j'aime...
C'est triste, parce qu'il pleut, parce qu'il n'est pas là, et que je me rends de plus en plus compte que j'ai besoin de quelqu'un.
Parce qu'il pleut et que je suis suis stupide, parce que je n'arrive plus à jouer une note de piano.
Parce que je voudrais me poster devant un précipice, et sentir l'air me caresser la peau, comme si sa main frolait la mienne.
Parce que et encore des "parce que" parce qu'il y a un stupide et omnipotent "parce que je t'aime"
Le coeur étouffant de sentiments dégoulinants, et dégueulant d'amour paranoïaque...Tiens, je viens de faire une rime. Je peux pas les dégueuler ces choses, et lui dire décidément que je l'aime. Ne surtout pas lésiner sur le "je t'aime", lui faire comprendre qu'il est spécial...
Est ce que seulement il comprendra ?
J'sais pas, ça me déchire, j'en peux plus, jeveux lui crier tout ça, j'y arrive pas, ça me bouffe les trippes...j'voudrais qu'il soit là, qu'il m'embrasse, qu'il me pince.
Je te reconnais plus...
Je le dis, j'ai toujours regardé d'un air enjoué et incompris ces filles qui minaudent et pleurent de désespoir leur copain parti depuis deux heures...Mais dès que je n'entends plus cette alarme faisant vibrer ma jambe, le ton et la voix d'un jeune sournois, qui m'dit " C'est l'autre con, t'es contente ?", je m'sens seule.
Dire que tu t'en foutais d'être seule avant, ça te fait mal de l'avouer, hein?
Seule, c'est ce dont j'ai peur à présent, et ces gens sur les bancs, qui s'embrassent, qui s'enlacent et qui se sourient, j'ai envie de leur dire " Je vous envie parce que moi aussi j'aime"
mon dieu..
Lundi soir, une camarade de prépa, Alice, rentre avec moi...
- Et allez samedi je me plante à Science Po^^ qu'elle sort d'un air jovial, je l'aime bien cette fille, elle est fraîche, pas négative.
- Et si tu as ton coucours tu fais quoi ?
- Ben, si j'ai la deuxième année, faut que valide l'hypokhâgne, sinon j'espère que j'aurais la première année, ben je pense que je continue quand même l'hypokhâgne, histoire de dire que j'ai survécu.
C'est bien ça, je suis contente de ne pas avoir arrêté, et de ne pas m'être laissée trop emportée dans tous ces petits problèmes
Mardi matin, concours blanc de géographie. Comment dire : le système montagnard : réalités repésentions. Ce que j'apprécie en prépa, c'est la vague de protestation qui vous rassure, et cous promet que vous ne serez pas le seul à vous planter xD, des pfff, des "c'est quoi un système ?"
Un système, je l'ai cherché dans les limbes de mon cerceau, qu'est ce qu'un système ? Les forces occultes de ma montre n'ont pas suffit pas non plus. Enfin, ce ne fut pas brillant, je pense même avoir la pire note que j'ai pu avoir ce trimestre. Enfin bref, pas grave, autant pleurer au bon moment^^.
Néanmoins, ce qui est plus perturbant, c'est de voir Alice se lever, prendre ses affaires, et s'en aller comme ça en plein milieu de concours blanc. Regard interrogateur de partout. Peut-être bien qu'elle est malade...
Ce matin, concours blanc, elle est toujours pas là..
- Dis Estelle, elle est ou ALice ?
- Elle est partie, elle a tout abandonné Mardi.
Je dis ça, mais vraiment, ça me touche beaucoup. Tous les sujets autour d'elle, pourquoi elle a arrêté ? Pourquoi maintenant ? J'imagine parfaitement que la prépa, ça lui plaisait pas, mais à trois même pas de la fin, ça me sidère. Elle a passé le plus dur, il reste quoi trois mois, et elle abandonne maintenant ? vraiment, je ne vois pas. Elle, qui m'avait juré le soir qu'abondonner la prépa, c'était pas une bonne idée, surtout pour ce qu'il reste.
Sujet : politique et violence. incapable de me concentrer, je ne pense qu'à Alice. Je ne sais pas pourquoi, ça m'énerve qu'elle est arrêtée, ça me fait de la peine pour elle, qui s'est laissée dépassée par les évènements, car plus d'une fois dans l'année, plus d'une fois, j'ai voulu claquer la porte de ce foutu établissement élitiste, de quitter le monde de la prépa. Puis la, depuis que je l'ai vue partir, j'me dis que cette année de prépa, j'la finirai cette putain d'année. Tant pis pour les notes, tant pis pour les profs, j'la finirai cette putain d'année.
Pointe musicale...Non vuole dire niente
Primum dormire deinde philosophare Que dire ? Si ce n'est qu'il y a des petits hauts et des gros bas, ainsi que des périodes de stagnation intense, pendant lesquelles notre cerveau est trop ramolli pour pouvoir déprimer.
Et oui le prépa développe le "je m'en foutisme". Diantre que oui. Une khôle demain ? Vraiment ce n'est pas grave. Un commentaire à rendre ? Ténébreuse et insolente sur une inspiration de La Chevauchée des Walkyries de Wagner, on déclare haut et fort qu'on a bien toute une nuit pour le faire. La compétition n'est pas tant avec les autres, mais avec soi-même. L'envie de se dépasser, de voir ou l'on va craquer, jusqu'on l'on peut tenir, de jouer avec notre sommeil, prendre goût aux nuits blanches. Je dis cela, mais je ne dis rien, ce n'est qu'à la parole d'une camarade le sourire aux lèvres " Ahh quelle journée catastrophique qui s'annonce, je crois que je deviens masochiste", qu'à l'arrivée d'un camarade les yeux pétillants de bonheur alors que cela fait un mois qu'on ne s'arrête pas jusqu'à une heure deux heures trois heures du matin " Bonjour Camille, Ah de grâce quelle gracieuse journée, comment te sens tu ? Je me suis mis à rire tout seul hier tellement j'étais tout déglingué"
Deviendrait on masochiste ?
il n'y a pas de doute, mais on garde notre humanité ( tout de même ), devant la lassitude de faire toujours la même chose.
Se lever à 6 h 30, souviens bien avant rongé par le stress, déjeuner le ventre noué, sortir machinalement le vocabulaire d'italien, et s'avaler les mots en marchant ( oui la polyvalence est utlile ), dans le bus électrique Il giubotto, la pellicia...il lavandino ? Le lavabo que diable !.
Courir comme un éléphant avec les lacets défaits, et arriver en cours de français avec le professeur le plus mauvais de france ( qui veut faire une licence de lettres modernes ?), pendant lequel on s'amuse à regarder les dessins de sa voisine, et à compter combien de fois pendant l'heure, notre cher professeur se tirera la moustache, ou bien à regarder avec lassitude la clocher de l'église d'en face par la fenêtre l'air songeur, et s'assoupir progressivement au son des lentes, très lentes paroles du prof " Ouii donqueee dideerot amèèèène un concepte trèèèèès ....importaaant.... daaans son oeuvreee, enn reeefuusannt les coonvenntiioonns rommaannesquesss. Une seule chose vient malgré la lutte, c'est inévitable quand on a dormi à trois heures : ZZZZzzzzZZZZzzzRRR.
Sauf que, le professeur sadique perfide sort sa liste des élèves et pioche un élève au hasard, voici ce que cela donne : ZZZzzzZZZ
Le professeur : - Camiiii
moi : ZZzzzzZ ??
Le professeur : lleuu Viquetoirre heuuu, veuillez continuez l'explication que je viiiens d'amorrecer. OU est elllle ?
Moi pensant gracieusement "Merde" , ne sachant pas ou l'on était comme 95 % de la classe se réjouissant de ne pas être interrogé, je me tourne dans l'aide auprès de ma voisine toujours plongée dans son dessin, dans un état aussi léthargique que possible. Rien à faire :
- Heuuu, ben heuuu...Ah oui, Ah ben la on voit bien quoi...je dirais même que l'on voit très bien que..Enfin oui c'est ça, c'est très fort, Oh oui très fort
Le professeur n'entend rien, il tend l'oreille agacé, comme pour me torturer" Je n'entends pas, parlez plus fort
- Je sais pas
- Quoi ?
- Je sais pas
Il s'énerve et hurle : - Hein ? Bon passons.
Enfin, dans ces moments là, on se sent beaucoup moins hargneux, et en lutte avec soi même, juste dans l'envie de se fondre au fond d'un trou, mortifiée par la honte.
Je dirais avec puerilité : "Rien ne sert de vouloir se dépasser, mieux vaut se respecter, ainsi dans les cours de français vous écouterez". Parfois.
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