Et le rire vola en éclat
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Et voila, voila que je m'engage telle une imprudente dans l'enfer des soldes. Enfin seulement Camaïeu à Lyon part Dieu. Le bus C3 toujours, les femmes se regardent méfiante prête à déguener leur portefeuille pour monter que cette année ce sera elle, elle qui aura le super haut fashion de chez Pinkie ou de cache-cache. *jules Favres, ouverture des portes à droite* : la horde se rue dehors, un maman fait son planning " Alors pendant que moi je vais à nature et découverte, Marlot ira à la boutique Disney avec papa, Manon. quartier libre. A trois heures rendez vous à la gare". A l'entrée dans le centre des hordes de femmes se précipitent dans les boutiques C§A. Ah Camaiëu ! Des femmes en folie, un file d'hommes attendant le retour de leur bien aimé en attente de leur carte bleue. Les soldes quoi. Je me faufile dans la masse, l'attente pour les cabines est longue, les furies s'énervent aux paroles d'une jeune naïve " tu trouves pas que ça me fait des grosses fesses " Mais naaan tu te fais des idées, t'es vraiment trooop canon" " Prends moi le 38". Je jubile. Direction les jupes, les jupes que je regarde mais que je ne prends pas, la jupe ceinture, la jupe gothique. Et laa MA jupe, celle que je reluque depuis 3 mois tous les mardi, malheureusement à 40 euros ( 22 euros^^) , Ma jupe, l'unique, la dernière en 36 en plus. Je l'arrache du rayon en découvrant avec fierté la petite étiquette - 40 %. Je me dirige illico vers la caisse en jetant un regard de supériorité sur les autres femmes " Oui je l'ai eu, Ma jupe, celle que vous n'aurez pas". Quelques unes me regardent subjuguées, et jalousent mon pouvoir en pensant certainement, que j'ai de la chance, et que je ne l'essaie même pas, ce devait être l'affaire du siècle. Je sors l'arme magique, et compose mon code : "bonne journée madame et à bientôt " ( mademoiselle...). Et pourquoi reviendrai-je ? ma victoire est savourée, accomplie. J'ai vu, je suis venue, j'ai vaincu comme Jules César. Sortie de Camaïeu, direction la bibliothèque...que de déception, toutes ces femelles sortent le sourire au lèvres, la victoire accomplie comme moi, avec plusieurs sacs. J'ai perdu.
Je suis méchante. J'aime bien être méchante, inlassablement devant ses piteux hypokhagneux. La réalité est que je suis une courge, une courge bête et méchante à la fois. Cela en fait trop en une seule fois, il est néanmoins nécessaire d'avouer que c'est la vérité, pure et simple. Alors que je suis "censée" faire mes devoirs, travailler sur the metric and the verse, what a pity, bien obligé quand on se trouve être prévenu au dernier moment....je surfe sur la vague internet à compter les jours avant les vacances. Quoi 6 semaines ??? Ah mais ça passe vite six semaines à servir tel un esclave des pâtés de copies et des listes de longues et interminables listes de vocabulaire : Les artichauts ? il carciofo et le saindoux ??? : lo strutto...je n'aime pas les listes de vocabulaire. Lundi : 5 h 00 Le réveil me nargue, il ne cesse de m'énerver à avancer vers le moment l'heure fatidique. Alors avec le chat, on lutte. Non tu n'auras pas notre peau, moi grattant le chat et ne voulant pas retourner aux heures et à la chère vie d'hypokhagneux, et le chat se faisant grattant, espérant toujours recevoir de mes caresses inquiètes. ET le réveil gagne... 7 H 30 : Le bus C3, moyen de transport, certes convivial mais pas le matin, enfin pas le matin pour un hypokhagneux. "Tiens ce n'est pas le même chauffeur que d'habitude" me dis-je "Bonjour" lance l'hypôkhagneuse reprenant vigueur et espoir - Smourfff répond vaguement le chauffeur. Toujours décidée, elle s'assoit sur les sièges du devant, le chauffage est juste en dessous, et pour réviser son vocabulaire, c'est mieux. Non, les vieux se mettent contre elle ( "Faut les tuer à la naissance" ), une vieille dame aux yeux narquois s'agrippe à son manteau et hurle telle une malédiction " la plaaaaace, la plaaaaace, je suis vieille, plus de respect ces jeunes fourbes, je veux m'asseoir mademoiseeelle". Au diable les vieilles. 7 h 59 : De retour dans ce charmant couloir des prépas " Bonne année, bonne année" " contente de te revoir", se lancent les hypokhagneux tous désireux de lancer un grand pavé dans le tête de chacun, car personne, personne ne voulait revenir dans ce malheureux monde cruel. "Bonne année Camille, comment vas tu ?" - Bonjour ******, ça va, enfin je t'avoue que si j'aurais pu éviter de revenir aujourd'hui, j'en serai bien mieux. 8 h 05 : italien "Buongiorno, buon anno : Bon ce n'est pas tout mais contrôle de vocabulaire" . Merde comment on dit des oeufs au plat...un gueuleuton ? c'était pas dans la liste ça... Comme on dit, les diables s'acharnent : " Allez un petit test de grammaire ". Quoi y'avait de la grammaire à faire. ? Je me tourne vers ma voisine toujours de glace : "Y'avait de la grammaire à réviser ?" " Non". Ah ah, qu'est ce que c'est que ça, ça existe en italien ? Selon la grammaire oui...foutue grammaire... 13 H 00 : La rousse de service : " Dis Camille, tu as lu le fait régional, je t'avais lu les première pages et vraiment rien compris, donc bon je te prends tes fiches". Genre, j'ai lu le livre, et décidée à ne pas lui passer mes fiches car : marre de se faire avoir par cette fille, et puis le livre pas dur, c'est sur la première page j'ai pas compris, mais le reste pas dur...Donc, décidée à ne plus me faire avoir, je lui refuse : " Oui pas de problème". Et oui l'hypokhagneuse est courge, bête et méchante.
Moi qui était sur le point de le larguer cette après-midi...C'est pas que je l'aime plus, c'est que j'en doute. Un petit peu plus de deux ans que je me trouve dans un espèce de cocon. Bref, je suis perdue, une affection profonde ou juste que je l'aime et que je ne sais plus comment lui dire, et comment le prendre. Qu'est ce que c'est con une fille parfois. Aussitôt que je me dis " Ahh non qu'il appelle pas, je veux un peu me reposer" et que 11 h 00, heure d'appel est passé, je fonce comme une furie alertée voir mes e-mails, allumer mon téléphone portable tel une parano en plein délire. Tout se contredit dans ce que je pense, et ce que je peux lui dire : : " bon t'appelles pas trop cette semaine, je vais avoir pas mal de boulot, et puis ce soir pas la peine non plus" Dis je en partant à moitié. Eh le coup de grâce, ma seule envie, c'est qu'il me dise "Ah non j'appelle", et qu'il me prenne encore une fois dans ses bras, à me couver comme ferait une enfant de 8 ans avec son doudou. Pourquoi ne le fait-il pas ? parce que je ne lui dis pas, je ne lui dis pas que je n'ai pas envie qu'il s'en aille, je ne lui réponds pas souvent à ses "je t'aime", ou du moins d'une mine de mort certaine, comme si on était en train de me planter un couteau dans la dos. J'ai juste l'impression de foutre en l'air mon histoire, et je regrette des moments qui auraient pu se passer, si je n'avais pas été si désagréable. J'ai encore envie qu'il me prenne dans ses bras, qu'il m'embrasse dans le cou, j'ai envie qu'il me pince le côté du ventre pour me faire hurler, qu'il me réveille le matin en me chatouillant et en mettant ses mains gelées sur mon ventre et qu'il les remontent jusqu'à ma poitrine, qu'il me dise que je suis une goinfre quand je vais pour me prendre une tartine de nutella... J'ai envie de tout cela, encore...
Un SDF à Paris " Paris et sa misère"
- 10 degrés...noël. J'aime bien noël, l'effervescence dans les magasins, les gens bourrés de cadeaux dans les rues à se demander si c'est le bon cadeau, ou au contraire content d'avoir enfin eu The present, celui qui va faire papillonner l'élu à l'ouverture. J'aime le bazar dans les magasins, avec les vendeurs de la Fnac complètement crevés et exaspérés par des acheteurs incultes et inconscients de leur fatigue, j'aime bien les gens qui t'emballe ton cadeau à la fin. j'aime fouiner de partout, dépenser de l'argent pour un cadeau qui n'en vaut pas la peine, et laisser planer l'attente. J'aime entendre tous les gens faire des plans sur la commette et plannifer leur soirée, les enfants encore convaincus d'un vieux monsieur à barbe...et les parents qui font tout pour couvrir leur complice inexistant. Enfin, j'aime pas entendre, François, tous les matins hurler au désespoir que ce sera son neuvième noël, qu'il passera dans le coin distributeur du casino, place Saint Tenay dans le 1er arrondissement, et voir toutes ces personnes passées indifférentes à sa présence, toujours dans la jubilation d'avoir trouvé le bon cadeau.
Je crois que c'est ça...oui oui c'est ça. Ce sentiment de fatigue alors qu'on ne fait rien. Rien ? non ! C'est fatigant de penser, je fais que ça, je pense, je rabâche, je ressasse. Des choses claires et plus ou moins et que l'on a peur d'affronter. Alors on ressasse et on pense inlassablement à ce que l'on va faire mais que l'on finira toujours par regarder....
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