Et le rire vola en éclat
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Ouais, hier, j'ai vu une star de la poésie, un maître des mots.
Avec quatre camarades assis dans nos fauteuils bleus, on attend la star tout en se disputant pour la place stratégique à prendre. Moi devant un grand, Magali devant un petit
pffff encore une grande perche....
Magali d'un air réjoui et moqueur: Ah dommage !!!!
Quentin : Franchement, on aurait pu prendre d'autres places, on arrivera jamais à le voir...
Magali : Moi je préfère une vue plus panoramique
Enfin, un climat de suspense et d'attente envahit la salle, on se demande à quoi ressemble ce vieil homme, ce petit bout de vie, qu'on a tenu dans nos mains, duquel on a tous répété et récité quelques vers. QUand soudain..........un petit homme, cheveux blanc, haut comme trois pommes, le dos vouté, et le visage totalement inexpressif s'avance sur l'estrade.
Alors s'engage la conversion s'engage avec un professeur tout intimidé de se retrouver devant cette moitié d'homme :
- Hmmm...oui....donc....Encore, cette fois, Yves nous fait le bonheur de nous rejoindre, avec nous....Hein Yves ?! Vous devriez peut-être prendre une chaire dans notre université ?
A ce moment, une grave voix s'élève dans la salle, son visage s'éclaire : J'ai passé l'âge de la retraite cher ami.
C'est à partir de là, que s'est engagé un débat sur l'Ut Picatura poesis. Débat très intéressant durant lequel, tout le monde fixait le vieillard, avide de ses paroles. En réalité, j'ai trouvé extrèmement de rencontrer un poète après avoir lu quelques oeuvres de sa main...En l'entendant, j'ai pu constater jusqu'ou pouvait aller son aspect réflectif sur les choses.
Enfin :
" Mouais, Ben hier j'ai vu Yves Bonnefoy, et toc"
Certains jours, le silence devrait s'imposer Les 15 premiers jours de cours sont propices aux retrouvailles pour certains, aux connaissances pour d'autres.
Une fille aux vêtements muticolores s'approche de moi, et me dit tout en souriant : - Dis t'étais pas la l'année dernière ?
Moi : NOn non je suis toute nouvelle ici
Magali venant compléter notre discussion : Non elle était à Edouard Herriot l'année dernière, en prépa.
Elle qui ouvre grand sa bouche et laisse apparaître toutes ses dents : Ahhhh mais ! tu connaissais Estelle alors ?!
Moi contente de voir quelqu'un de familier : Oui oui je la connaissais ! On s'entendait bien d'ailleurs, mais cette année, elle est aussi à l'unuiversité. Ah ben si tu connais Estelle, tu connais peut-être A**** ?
Elle d'un air un peu génée : Hmm oui oui...
Moi : Mais elle est partie en plein milieu d'année, des problèmes de santé, de famille, puis sa colocation a viré à la catastrophe....Ouais ssa collocataire était une vrai connasse
Elle d'un air calme et naturellement : Ouais, je sais. C'était moi la connasse.
Moi : ...............
Seulement, cette journée n'était vraiment pas propice aux connaissances.
Pensée pour le moins incongrue :
J'ai envie de travailler.
Outch, plus de deux mois sans approcher de ce blog.
Ficelée dans la couette comme une crêpe, je lève la tête difficilment et cogne la pile de livres non lus qui s'est agrandie au fur et à mesure des vacances. Je regarde la triste scène autour de moi : des vêtements qui s'amoncèlent de part et d'autres dans ma chambre depuis deux mois, les cours éparpillés sur mon bureau et par terre, ma cheminée couverte par des kilos de poussière. Quelques papiers de gâteau planqués sous mon lit. Devant cette scène désolation, je me traîne jusque mon miroir et tombe nez à nez sur mon reflet :
*MON DIEU !! * -___-
Peau dans un piteuse état, fesse molle, deux kilos en plus, un ventre qui commence à se former, les ongles de trois centimètres, mes cheveux en pagaille, et aucune vitalité sur mon visage...
Soudain, un certain flash back me revient sur ces vacances et sur la cause de ce laisser aller : Smallville, desperate housewives, des jours et des vies, Amour Gloire et Beauté, Coeur Océan, Haidi, Foudre, Capital, le destin de Diana, la petite maison dans la prairie...
Nutella, crêpe, gateau, beignets, pâtes, bonbons, bonbons, chocolat....
Tout s'explique : Deux mois sans rien faire c'était vraiment pas une bonne idée...
Prête à livrer une bataille sans relâche contre ma paresse, nous nous jetons un regard dévastateur dans le miroir. Moi fière comme un cheval et brandissant mon épée, elle me suppliant sur un air de western :
- Mais non ! Pense à nous ! Notre longue cohabitation, nos moments de fringales, ces heures gagnées
- Pense à moi, à mon poids, mes notes, cette nouvelle année. Hein ? Comment vais-je faire après ça ? Maintenant c'est sérieux. Je ne peux plus me permettre, tu comprends ?
Mes vacances ont été principalement gagnées par l'ennui, la flemme, et surtout une vie sociale absolument nulle. J'attends donc la rentrée avec impatience, malgré le stress qui grandit grandit grandit.
"On ne changera pas le monde maman"
Adieu prépa, adieu oppression pour ma part, adieu hypocrites...La liste est longue, très longue, peut-être même trop longue.
Le troisième trimestre a été pour moi décisif pour un choix que je ne pense pas résumer. Un troisième trimestre où l'on a beaucoup mis la pression sur nos bien pauvres épaules, et durant lequel les révélations sur la nature des élèves dans les grands lycées lyonnais s'est fait enfin connaître.
Une simple liste pour rendre compte de l'ambiance exécrable qui régnait dans le monde la prépa, les gens honnêtes ont tous pris la fuite vers la faculté pour laisser libre cours aux tricheries, à la mauvaise foi, et au fayottage extrême en laissant pour compte des gens plus timides et pour le moins sérieux bien que n'excellant pas dans la tricherie.
Face à de grosses difficultés familiales et de collocations, j'ai beaucoup hésité à continuer la prépa, avec un doute permanent qui surplombait mon esprit " Prépa avec cet imbécile de professeur de français qui me coule ? ou la fac, un monde qui m'apparaît sauvage, inconnu, grand et qui fait peur ?"
Heureusement, ma naïveté et ma trop bête honnêteté m'a bien aidée à prendre la décision comme à la plupart de mes compatriotes. Eh oui, nous hypokhâgneux avons découverts qu'une grosse majorité complotait à notre insu pour nous exterminer, et s'attirer les bonnes faveurs de notre chers professeurs aveuglés par tant de bontés et d'intelligence de la part de ces derniers.
Il est évident que face à des personnes, préférant dormir le matin, plutôt que de se fatiguer, et ensuite faire le lèche-botte devant les professeurs, nous n'avons pas franchement tenu longtemps, et l'on est passé pour "les nuls", "les ratés", "les lents".
Tout d'abord, les professeurs se sont beaucoup acharnés sur des élèves fragiles, et d'autres en ont bien profité pour les enfoncer encore plus, ce qui est allés pour des filles qui n'avaient rien demandé à un quasi refus d'équivalence....
Pour réussir quoi de mieux que de changer le nom des sujets pour avoir celui qu'on préfère ? Et mieux encore le choisir parmi tous ceux de l'après-midi. Mais la technique imparable est d'aller pleurer devant le professeur et ensuite tirer son sujet 4 heures ou 5 heures à l'avance, et ricaner devant des gens qui sont malgré eux des imbéciles car il les tire à l'heure.
Pour les concours, pourquoi diable apprendre 5000 mots d'italien pour les concours blancs ? Il est tellement plus simple de faire des pompes et de dégoûter ces imbéciles d'hypokhagneux honnêtes. Puis les déclinaisons ? A quoi bon les apprendre ? C'est tellement plus facile de faire une version avec la plus forte de la classe ?
La prépa est devenue réellement désagréable, quand les coups bas ont commencé. Oubli de donner des fiches comme par hasard, oubli de dire que les devoirs sont annulés comme par hasard, oubli de prévenir pour des Ds comme par hasard...Le hasard est très fort en prépa.
Enfin, les tensions ont été très fortes ce trimestre entre deux groupes : les tricheurs et les honnêtes...C'est bête, manichéens, mais c'est ça.
*Flash Back dans le train*
- Alors Camille cette prépa ?!
Moi blasée - j'en peux plus, j'en ai marre, de cette ambiance. Puis je viens de réaliser qu'il faut être malhonnête et riche pour réussir dans la vie, l'honnêteté c'est pour les cons, je m'en rends compte un peu tard
Lui ébahi me sort : - Ben Camille, Tu le savais pas ?
Moi : On est d'accord alors.
Par conséquent, je n'ai pas demandé de passage en khâgne. Direction L2 de lettres modernes.
D'ailleurs, ce sont les gens les plus malhonnêtes qui sont passés, contrairement à beaucoup de personnes qui le méritaient.
Pour ma part, mon professeur de français était tellement mauvais que mon été, sera consacré à rattraper des cours, il faut que j'en trouve^^
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