Que dire ? Si ce n'est qu'il y a des petits hauts et des gros bas, ainsi que des périodes de stagnation intense, pendant lesquelles notre cerveau est trop ramolli pour pouvoir déprimer.
Et oui le prépa développe le "je m'en foutisme". Diantre que oui. Une khôle demain ? Vraiment ce n'est pas grave. Un commentaire à rendre ? Ténébreuse et insolente sur une inspiration de La Chevauchée des Walkyries de Wagner, on déclare haut et fort qu'on a bien toute une nuit pour le faire. La compétition n'est pas tant avec les autres, mais avec soi-même. L'envie de se dépasser, de voir ou l'on va craquer, jusqu'on l'on peut tenir, de jouer avec notre sommeil, prendre goût aux nuits blanches. Je dis cela, mais je ne dis rien, ce n'est qu'à la parole d'une camarade le sourire aux lèvres " Ahh quelle journée catastrophique qui s'annonce, je crois que je deviens masochiste", qu'à l'arrivée d'un camarade les yeux pétillants de bonheur alors que cela fait un mois qu'on ne s'arrête pas jusqu'à une heure deux heures trois heures du matin " Bonjour Camille, Ah de grâce quelle gracieuse journée, comment te sens tu ? Je me suis mis à rire tout seul hier tellement j'étais tout déglingué"
Deviendrait on masochiste ?
il n'y a pas de doute, mais on garde notre humanité ( tout de même ), devant la lassitude de faire toujours la même chose.
Se lever à 6 h 30, souviens bien avant rongé par le stress, déjeuner le ventre noué, sortir machinalement le vocabulaire d'italien, et s'avaler les mots en marchant ( oui la polyvalence est utlile ), dans le bus électrique Il giubotto, la pellicia...il lavandino ? Le lavabo que diable !.
Courir comme un éléphant avec les lacets défaits, et arriver en cours de français avec le professeur le plus mauvais de france ( qui veut faire une licence de lettres modernes ?), pendant lequel on s'amuse à regarder les dessins de sa voisine, et à compter combien de fois pendant l'heure, notre cher professeur se tirera la moustache, ou bien à regarder avec lassitude la clocher de l'église d'en face par la fenêtre l'air songeur, et s'assoupir progressivement au son des lentes, très lentes paroles du prof " Ouii donqueee dideerot amèèèène un concepte trèèèèès ....importaaant.... daaans son oeuvreee, enn reeefuusannt les coonvenntiioonns rommaannesquesss. Une seule chose vient malgré la lutte, c'est inévitable quand on a dormi à trois heures : ZZZZzzzzZZZZzzzRRR.
Sauf que, le professeur sadique perfide sort sa liste des élèves et pioche un élève au hasard, voici ce que cela donne : ZZZzzzZZZ
Le professeur : - Camiiii
moi : ZZzzzzZ ??
Le professeur : lleuu Viquetoirre heuuu, veuillez continuez l'explication que je viiiens d'amorrecer. OU est elllle ?
Moi pensant gracieusement "Merde" , ne sachant pas ou l'on était comme 95 % de la classe se réjouissant de ne pas être interrogé, je me tourne dans l'aide auprès de ma voisine toujours plongée dans son dessin, dans un état aussi léthargique que possible. Rien à faire :
- Heuuu, ben heuuu...Ah oui, Ah ben la on voit bien quoi...je dirais même que l'on voit très bien que..Enfin oui c'est ça, c'est très fort, Oh oui très fort
Le professeur n'entend rien, il tend l'oreille agacé, comme pour me torturer" Je n'entends pas, parlez plus fort
- Je sais pas
- Quoi ?
- Je sais pas
Il s'énerve et hurle : - Hein ? Bon passons.
Enfin, dans ces moments là, on se sent beaucoup moins hargneux, et en lutte avec soi même, juste dans l'envie de se fondre au fond d'un trou, mortifiée par la honte.
Je dirais avec puerilité : "Rien ne sert de vouloir se dépasser, mieux vaut se respecter, ainsi dans les cours de français vous écouterez". Parfois.