Les Critiques de la Corrida
Les manipulations frauduleuses selon les « anti »
Pour permettre le « spectacle » il est nécessaire d'énerver le taureau juste avant son entrée dans l'arène (parfois via l'usage d'armes électriques de défense). Si le taureau n'était pas énervé, il ne rechercherait pas forcément l'affrontement.
Il est malgré tout constaté que de plus en plus de taureaux manquent de vitalité, s'agenouillant dès leur entrée en piste ou chutant dès leur première tentative de charge, faits constatés et déplorés également par les aficionados. Des autopsies ont révélé une proportion non-négligeable de taureaux présentant des maladies invalidantes telles que la tuberculose conduisant à la saisie partielle ou totale de la viande . D'autres autopsies ont révélés la présence illicite de sédatifs chez plus de 20% des taureaux analysés
La souffrance selon les « anti »
La corrida est considérée par la plupart des associations de défense des animaux comme un spectacle barbare et cruel à l'origine d'une souffrance chez l'animal. Comme un taureau de combat est, du fait de son conditionnement et de la sélection génétique, particulièrement agressif et difficile à manier, il est « châtié » avec des piques et des banderilles, pratiques qui impliquent de blesser l'animal en début de corrida afin d'y éprouver sa bravoure.
Aussi, la mise à mort peut n'avoir lieu qu'après plusieurs estocades dont la souffrance est donc répétée : la corrida est un combat qui ne se termine que lorsque le taureau est à terre.
Il est certes admis que sous l'effet du stress des médiateurs chimiques sont libérés dans l'organisme du taureau, atténuant les sensations douloureuses mais il n'en reste pas moins que les vétérinaires sont unanimes pour reconnaitre que les blessures sont telles que la souffrance de l'animal est incontestable. Le taureau est un mammifère au système nerveux similaire à celui des hommes.
Également, si les sévices infligés au taureau dans l'arène sont aussi spectaculaires que meurtriers, les « anti » dénoncent aussi ceux subis par le taureau en coulisse (voir la partie manipulations frauduleuses).
De plus, d'un point de vue philosophique et religieux, selon Mohan Wijayaratna, un érudit bouddhiste sri-lankais, qui ajoute, à propos de la corrida : « C’est un acte qui procure une satisfaction à des milliers de spectateurs. Cependant, même de ce point de vue plutôt myope, ce n’est une action ni bonne ni irréprochable ni héroïque car, si le torero et les spectateurs sont satisfaits, c’est en incitant une bête innocente à la haine et en lui infligeant un mal immense et une douleur mortelle. Or, inciter quelqu’un à la haine ne peut être fait avec une pensée bienveillante. Enfin, c’est une action qui apporte le mal à son auteur et à la victime. Dans l’arène se trouvent donc deux êtres également malheureux et également ignorants... En les regardant et en appréciant leur combat, les spectateurs cultivent aussi une habitude mentale qui se retrouvera dans leurs futures naissances : par exemple assister ou participer activement à un tel carnage en tant que tortionnaire, victime ou spectateur, selon les circonstances obtenues. »
La chance selon les « anti »
Certains partisans de la corrida affirment hypocritement que le taureau « a sa chance » : de fait, le taureau peut, dans de rares cas, être gracié pour sa « bravoure ». Au contraire, aux abattoirs,l'animal n'aurait aucune chance et il est maltraité (dans le cas de l'élevage intensif et des chaînes d'abattage. Toutefois dans ces cas, il s'agit d'infractions à la législation et non de la pratique normale de l'activité).
L'argumentation des aficionados est parfois contradictoire. Il pourrait être tout à fait compréhensible que les chances du taureau soient diminués afin de réduire le risque pour le matador mais l'on ne peut dans le même temps affirmer que l'on est à la fois contre toutes les manipulations (comme un afficionado qui se respecte) et pour la vie du matador. En effet, l'absence totale de manipulations (qui est loin d'être le cas cf. la référence sur les sédatifs dans cet article) augmenterait considérablement le risque mortel pour l'homme. En somme, une bonne corrida -au sens d'un afficionado- est forcément une corrida plus incertaine pour la vie des matadors. L'on peut comprendre que cela fait le sel de la corrida.
En résumé, augmenter réellement la chance du taureau (cf. le fameux « il a sa chance ») c'est logiquement diminuer celle du matador et donc mettre la vie humaine plus en danger. Inversement, pour préserver la vie du matador et le nombre de tués a d'ailleurs fortement et heureusement diminué.
Les opposants à la corrida arguent que la logique n'est pas la même : dans un cas l'homme élève un animal pour se nourrir, dans l'autre il l'élève pour se distraire à ses dépens en le faisant volontairement souffrir et finit dans la plupart des cas par le tuer. Le caractère aléatoire de la mise à mort des animaux et les quelques taureaux épargnés n'atténuent pas le caractère cruel de ce spectacle.
Enfin, la symbolique mise en avant par les partisans de la corrida de l'homme triomphant de la violence animale choque les opposants pour qui l'homme est l'organisateur de la violence et qu'il n'en est, sauf exception, pas la victime.
Les enfants selon les « anti »
Le spectacle d'une corrida peut induire de graves traumatismes chez l'enfant et le préadolescent. De plus, en Catalogne la loi interdit l'entrée des arènes aux moins de quatorze ans lors qu'il n'existe pas pour l'instant de telle législation en France.