mirnao's blog!
Rappel du premier chapitre:
"06/12/2020:
J'ouvre les yeux, le reveil, dans sa cacophonie, m'anonce qu'il est huit heures moins le quart, je me lève, et commence à faire couler un bain. Une fois les obligations matinales remplies, j'utilise la voiture avec chauffeur qui m'a été envoyée, direction l'Elysée, pour y rencontrer le president en personne, ainsi que le ministre des affaires étrangères. Pourquoi donc cette mission était-elle tombée sur moi? Ils avaient juste besoin d'un ambassadeur, et bien sûr, celà devait me tomber dessus... Et me voilà condamné à aller au pôle nord, à "Dienietbestaat"...
Me voilà à une reception, le ministre vient me chercher, me presente au president, lui affirmant que j'ai toute sa confiance, je m'en montre digne, et fier, le president me dit que si j'ai la moindre requète à formuler, je n'hésite pas; je me retiens de répondre "ne pas y aller"; satané protocole... S'il y a bien un defaut au monde diplomatique, c'est l'incapacité que l'on y a de jouer cartes sur table, il faut cacher des choses, savoir se refreiner, afin de ne pas déclencher d'incidents, bref, un monde relativement hypocrite. D'un autre point de vue, on s'efforce d'eviter les guerres, ce qui me semble plutôt positif, et qui est à l'origine de ma vocation. Je me montre poli, raffiné, charmant, mais tout ceci n'est qu'un masque. En parlant de masque, je repère leur ambassadeur, arborant les symboles de sa fonction, sa longue robe bleue-turquoise, mais aussi un masque, ressemblant aux masques vénitiens. Je ne m'attarde pas, car on m'appelle pour me presenter les autres membres de "l'expedition".
La première surprise est de m'anoncer que le cortège diplomatique que j'allai avoir la "chance" de diriger était un cortège qui se voulait mondial, car nos mysterieux amis n'avaient accepté qu'un seul embassadeur étranger sur leurs terres; en ne se privant pas de placer les leur dans tous les pays du monde, soit dit en passant. Trop de noms à la fois, je n'en retiens que quelques uns, ainsi que quelques rôles; notament Bertrand Crosse, affecté à ma protection, il s'agissait d'un ancien militaire, un soldat d'exception, et un des rares survivants de ce qu'on appelle "la débacle de Dienietbestaat", une offensive militaire dont peu étaient revenus, et seulement au prix de longues négociations, d'après leurs dires, ils furent torturés là-bas, je pouvais donc lui faire confiance, il avait quelques inimitiés envers nos futurs hôtes qui se lisaient nettement dans son regard. Il faisait vraiment "tâche" dans cette reception, ne portant pas de masque, au sens figuré du terme.
J'avais donc mon après-midi de libre, le départ étant prévu pour demain, à l'aube. je m'occupe donc au maximum, et m'offre une après-midi de loisirs, en prevision de ceux que je n'aurai certainement plus une fois arrivé à destination..."
07/12/2020:
Ce satané reveil m'offre une fois de plus son "concerto pour destruction des oreilles", je me lève, me fait le plus presentable possible, saisis mes valises et prend la direction de l'ambassade de ceux que l'on appelle les "anhommes", nous devons nous retrouver là-bas, dans leur ambassade... J'y arrive, ma première surprise est de constater que les jardins de l'ambassade ne sont qu'un terrain d'entrainement intensif, je suis interrompu dans mes reflexions par leur ambassadeur qui m'annonce que les jardins servent à garder la forme. Il m'emmene ensuite dans la salle de reception ou une partie non négligeable du cortège est déjà presente, et nous annonce que notre transport est en route.
Il fallut attendre plusieurs minutes avant que le transport en question ne fasse son apparition, environ dix minutes avant l'heure du départ annoncée. Plusieurs de leurs véhicules de guerre, marqués du sigle de leurs diplomates avaient atterri dans un coin des jardins prevu à cet effet; un individu portant la robe bleue-turquoise des diplomates en descendit, il tenait à la main une épée, mais ne portait pas de masque. Il annonça que les transports devaient être chargés au plus vite, et des anhommes s'executèrent, tous portaient la robe bleue-turquoise et le masque; il poursuivit en expliquant que nous pouvions nous repartir dans les véhicules comme nous le souhaitions, dans la limite des places disponibles, je pris la decision de monter dans le sien. A l'heure annoncée les véhicules s'élevèrent dans les airs.
"On ne rigole pas avec la ponctualité chez vous... Lançai-je, souriant à celui qui semblait diriger l'expedition. -Disons plutôt que je respecte mes subalternes, et puisqu'un certain nombre d'entre eux ont prevu d'autres occupations, je leur offre la possibilité de les faire. Me repondit-il en me rendant mon sourire. -Je suis... Entamai-je. -Le diplomate, je sais, j'ajouterai même que vous êtes fidèle à votre reputation. M'interrompit-il. -Et vous êtes? Tentai-je. -Balinazar, le bras-droit du pleureur."
Le pleureur est le surnom donné à celui qui dirige la "caste de l'eau". Cette "caste" regroupe la diplomatie, les renseignements et les operations commandos, tout ce qui est affaires etrangères au final, ce qui explique le camp d'entrainement dans l'ambassade. Le voyage dura la journée, nous discutions pour nous distraire, mais nous ne savions rien de ce qu'ils nous reservaient. Puis nous vîmes par les hublots leur capitale, un amas de domes s'élevant au dessus des étendues gelées, les transports y entrèrent, et nous amenèrent près d'une zone residentielle.
"Bien messieurs, nous vous proposons de passer la journée à découvrir votre ambassade, nous repasserons vous chercher demain..." Dit alors Balinazar. Nous nous executames.
08/12/2020:
L'ambassade était un batiment relativement standard, avec tout le confort du monde développé, et même plus, situé à l'écart des nombreux villages qui constituaient leur cité, et sous bonne garde des membres de la caste de l'eau, officiellement pour nous proteger. Comme prevu Balinazar etait de retour ce matin, afin de visiter la cité au mieux, chaque membre du cortège qui le désirait pouvait par simple demande auprès d'un guide de leur caste visiter la capitale, tandis que mon guide était Balinazar en personne.
Nous partîmes à pieds, je demandais alors à Balinazar pourquoi nous n'avions pas un de leurs transports, et il me repondit juste que la marche était un moyen de déplacement tout aussi efficace. Nous atteignîmes le premier village, ou tous s'affairaient à leurs occupations, cultivant la terre pour certains, travaillant le metal pour d'autres... Balinazar négocia afin de nous faire poursuivre la route à bord d'une charette tirée par des chevaux. J'étais surpris de la chaleur ambiante dans la cité, sous les dômes et dans les tunnels les reliant, on m'expliqua que c'était juste de la géothermie. Nous arrivâmes au dôme central, le plus grand de tous, et une jeune femme hurla dans la rue:
"Balinazar ! Tu n'es pas sensé être en mission ? -Hey... Répondit-il alors, en me désignant, et en saluant. -Alors comme ça c'est lui l'ambassadeur ? Tu es sûr d'avoir les qualifications requises pour négocier avec lui ? -Pour les qualifications, autant être honnête, ce ne sera pas moi qui les ferai, enfin pas au début, là je lui fais juste visiter la ville. -Quoi ? Tu veux dire que tu me le laisse ? -Non, le pleureur en personne le fera, lorsqu'il sera de retour. Maintenant, il me faut m'excuser mais je ne peux me permettre de rester des heures..." Fut la conclusion qu'il apporta à cette discussion. "Je suis surpris du ton avec lequel vous avez parlé à cette enfant, elle agissait comme si tout lui était du... Lui soufflai-je alors. -Sachez monsieur que cette 'enfant' comme vous dites n'est autre que l'un des cinq dorés, les plus importants de notre société..." Glissa-t-il entre ses dents, masquant à grand peine une certaine rage.
La visite n'eut sinon rien de bien extra ordinaire, si ce n'est la forêt qui bordait la ville et qui d'après ce que m'avait dit Balinazar servait à l'éducation des jeunes. Le soir venu, nous fîmes halte dans le même village qu'à l'allé, ou les habitants s'étaient réunis autour d'un grand feu de bois pour des épreuves de forces, mais aussi à la fin de la soirée pour admirer des danseurs qui executaient une choregraphie des plus fascinantes sur une musique tout aussi envoutante...
09/12/2020:
Ce matin Balinazar était venu me chercher pour me prevenir que le pleureur était en ville et que j'avais donc rendez-vous un peu plus tard. Cette rencontre m'effrayait quelque peu, le pleureur avait sa reputation, tout était permis à ses yeux, pour peu que les resultats soient là... La première surprise était de rejoindre son palais, chaque "doré" avait un palais qui lui était propre, mais celui de la caste de l'eau se trouvait en plein coeur de la forêt qui servait à l'éducation, j'appris plus tard que cette forêt était remplie d'animaux sauvages, et par conséquent hostile.
Une fois cet obstacle franchi, je pus contempler le palais de l'eau, une simple colline couverte de vegetation, et le reseau de grottes qui la parcouraient, avec de nombreux lacs sous-terrains, la lumière, quand il y en avait était amenée par un savant reseau de galeries canalisant la lumière exterieure à la grotte, ou encore par des lampes disposées de ci de là. La lumière jouait sur les parois, créant des motifs variables et magnifiques.
Pis nous arrivâmes dans la salle ou il se trouvait, le pleureur était allongé sur une table, deux femmes étaient affairées à lui faire un massage, Balinazar toussa pour signaler notre presence et les masseuses allèrent se changer derrière un paravent, lorsqu'elles ressortirent, elles portaient des masques noirs, c'était la première fois que j'en voyais, mais la reaction de Mr Crosse indiquait qu'il en avait déjà vu. Le pleureur se redressa, et nous faisait désormais face. Il était plutôt musclé, avec de longs cheveux, et quelque chose de perturbant dans son regard. Il avait un air animal.
Cette première rencontre ne m'appris pas grand chose, il avait pris un malin laisir à respecter le protocole, tout en le critiquant, en bref, rien de nouveau, juste ce que je savais déjà. Enfin, si, j'avais gagné un nouveau rendez-vous avec lui, les choses iraient sûrement plus vite ensuite maintenant que les presentations étaient faites...
07/01/2021:
Les rencontres multiples avec le pleureur me permirent d'en apprendre un peu plus sur leur organisation sociale. Celle-ci fonctionne par un principe de castes dans les grandes lignes. La caste de la terre reçoit les ouvriers, la caste de l'air les scientifiques et les artistes, d'une façon générale, les intellectuels, la caste de l'eau les relations exterieures, diplomatie, commandos mais aussi marchands, la seule exception à ce principe est la caste du feu, celle-ci est le gros de l'armée, il s'agit en réallité d'une sorte de milice maintenue constament et qui peut recruter quand bon lui semble. Et enfin la dernière de ces castes ne porte pas de nom particulier, et regroupe tous les gradés de leur organisation. Il faut noter que le terme de caste est discutable puisqu'un enfant n'est pas condamné à aller dans telle ou telle caste en fonction de ses parents, mais en fonction de ses aptitudes. Chacune de ces castes est placée sous les ordres d'un "doré", un individu qui à les entendre jouirait de l'immortalité, le pleureur est l'un d'eux.
En individu très occupé, il ne fut pas un seul de nos rendez-vous ou je ne dus pas l'attendre, que ce soit parce qu'il recevait des massages, qu'il s'entraînait à la lutte contre des ours ou d'autres occupations d'une importance indéniable.
D'un point de vue culturel, la société est representée par les "dorés", faites leur du bien, travaillez pour eux et ils vous recompenseront, essayez de leur nuire et ils ne feront montre d'aucune pitié. J'en eus un exemple, un individu attaquait regulièrement des convois de biens divers, le pleureur en personne pris les choses en mains, il fut pris d'ans l'escorte d'un de ces convois, et les brigands n'eurent pas la moindre chance... "Les règles sont parfaitement connues de tous" conclut-il alors. J'appris plus tard que les brigands en question avaient déjà été bannis en premier avertissement, mais leur société n'est pas là pour maintenir en vie des éléments nuisibles, la première sanction est ainsi l'envoi dans un zone de non-droit, ou l'autorité des dorés ne s'applique pas, mais toute attaque est considérée comme un acte de guerre, "vous êtes libres de partir à tout moment", voilà leur politique, mais sur leur terrain vous acceptez leurs règles.
08/02/2021:
Face à mon insistance le pleureur accepta de me laisser aller visiter la "zone de non-droits" ou sont exilés les contestataires et ou peuvent aller toute personne refusant de se plier à l'autorité des dorés. J'eus alors le droit à une explication très claire: ne mettez aucunes lois dans une zone sous controle humain et la zone en question deviendra un nid à criminels, il est souvent plus simple de prendre aux autres que de produire soi-même...
J'allais devoir voyager en effectifs reduits, pour ne pas trop attirer l'attention, aussi une personne fut envoyée pour m'escorter, une personne que j'avais déjà rencontré puisqu'il s'agit de l'une des demoiselles qui étaient occupées à masser le pleureur à notre première rencontre. J'en profitais pour poser des questions, pourquoi lui faisait-on confiance ? Elle repondit sans la moindre gène, elle fait partie de l'ordre des tourmenteurs, c'est le nom qu'on leur donne car leurs connaissances médicales poussées sont principalement orientées dans l'optique d'obtenir des renseignements. "Tous les moyens sont bons", la devise du pleureur et de sa caste... Celà me permit cependant d'apprendre que les castes sont ainsi divisées en ordres, chacun remplissant une ou plusieures des missions de la caste.
J'esperais profiter du fait qu'elle n'ait pas reçu la consigne de me cacher les informations pour en apprendre un maximum, elle m'annonça alors très tôt qu'elle ne voyait aucun problème à repondre à mes questions mais qu'elle se reservait le droit de ne pas repondre, principalement pour les questions d'ordre technologiques. Je lui demandais si la politique des dorés consistant à dire que tant qu'on est sous "leur" toit on se plie à leurs règles la derangeait, et elle me repondit que non, la plupart des lois étant "bien" faites, et surtout, la liberté de partir étant respectée, mais si on creusait un peu plus, on se rendait compte que n'importe quel habitant pouvait demander à ce que la loi soit modifiée, "ce qui est interdit c'est de critiquer sans rien proposer en echange et en bloquant betement, après vous avez le droit de dire que vous n'êtes pas d'accord, mais vous respectez quand même les lois tant qu'elles sont en vigueur... C'est d'ailleurs pour cette raison que la majorité des habitants de cette zone [puisque nous arpentions la zone de non-droit] sont les bannis plus que des gens qui ne veulent pas se plier aux lois, il est très facile de se rendre compte que des lois même "mal" faites apportent un confort non négligeable." Et bien sûr devant l'affluence de demandes qui arrivent il n'est pas impossible que votre demande prenne du temps à être traitée par les dorés.
Mes rencontres se limitèrent à des petits villages organisés pour se defendre contre les nombreux "brigands" de la zone, constitués de gens qui éssayent de rejoindre un autre état existant, avec cette notion de respecter les règles "dictées" par les autorités reignant sur un terrain donné, ils n'acceptent pas l'idée de se retrouver sans-papiers, et paradoxalement ils s'organisent ainsi une vie communautaire très proche de celle qu'ils auraient eu dans la société des dorés, enfin c'est l'impression que ça m'avait donné, d'ailleurs leurs relations avec les dorés ne sont pas mauvaises et ils commercent avec les villages "légaux"... Les rencontres avec ceux qui furent bannis m'apportèrent bien moins d'informations, individus qui prennent aux autres le dialogue était difficile.
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