Lorsque les humoristes résument l'ésprit d'équipe à "c'est un esprit pour une équipe", ils ne sont malheureusement pas loin de la vérité.
Comme Margaret Thatcher le disait: "Quand quelqu'un dit quelque chose de stupide, il/elle est stupide. Quand cinq personnes disent quelque chose de stupide, elles sont cinq fois stupides. Quand cinq mille personnes disent quelque chose de stupide, vous êtes stupide."
Le fait est que le comportement de l'être humain est fortement lié à la présence ou non d'autres personnes, ainsi, bien que son propre raisonnement puisse diverger, la plupart des êtres humains feront ce que font leurs semblables. Ce qui est surtout problèmatique lorsque ce qu'ils font est important (pouvant avoir des conséquences grâves) et mal fait... Ce n'est pas pour rien que l'humain est un animal social.
Mais plutôt que de die des choses, des experimentations parlent d'elles-mêmes: Solomon Asch, durant les années 50 a donc mené une experience simple.
Un volontaire était assis en bout de table, aux côtés de dix complices (le volontaire croyant que les complices étaient des volontaires comme lui), devant lui, sont déssinés 4 segments : un de reférence, et trois numérotés, le but étant d'annoncer lequel est de la même taille que le segment de reference. La réponse se voulait facile, presque évidente, afin que l'experience montre tout ce qu'elle avait à montrer.
Le volontaire (car le jeu était un minimum truqué) était toujours le dernier à donner son avis. Tant que les complices avaient pour consigne de donner la bonne réponse, le volontaire donnait la bnne réponse sans grande surprise, en revanche, lorsque le signal était donné et que tous les complices se mettaient à indiquer une des deux mauvaises réponses (mais à l'unanimité), l'experience montra que 3/4 des volontaires donnèrent au moins une fois la mauvaise réponse sur les douze fois ou les complices donnaient une mauvaise reponse (on ne compte pas les fois non "truquées" ou tout le monde repondait juste), l'un d'entre eux alla même jusqu'à se tromper onze fois ! Bien sûr, il faut prendre en compte le fait que, puisque cette experience montre notre rapport à autrui, une fois que le volontaire avait estimé que ses "camarades" étaient une bande d'abrutis qui disaient n'importe quoi, il ne cherche plus forcément à se conformer à leur avis, tant qu'il n'a pas estimé leur aptitude au moins une fois, il leur adresse un certain respect naturel visant à leur faire confiance et à suivre leur avis, au détriment du sien.
Si l'experience s'était arrêté là, nous aurions déjà eu de bonnes bases quand à la démonstration faite, mais pour aller encore plus loin, Mr Asch leur posait un petit questionnaire en sortie pour savoir pourquoi ils s'étaient trompés, et pas un n'a dit que c'était parce qu'il avait voulu se conformer aux dires des complices qui l'entouraient, chacun inventant sa propre explication, du fait qu'un reflet mal placé lui ai fait apparaître le segment plus court, à sa position géographique qui ne favorisait pas son estimation. Les conclusions sont donc encore plus terribles, car même en leur expliquant que c'était truqué et que par la presence des complices on était sûrs qu'ils allaient répondre faux, ceux-ci continuaient à s'inventer des excuses invérifiables mais peu probables. Non seulement ils font ce que font leurs semblables, mais en prime, ils s'y conforment de façon inconsciente et rejettent leur propre avis, allant jusqu'à adopter l'avis des autres (autre experience celebre, Musafer Sherif en 1937 à l'aide de l'effet autokinétique); si celà restait un choix délibéré, et conscient, celà serait nettement moins effrayant...