Monstre. Ce mot m'a été jeté à la face dès mon plus jeune âge. Je suis un paria, mauvais sujet, mauvais citoyen, mauvais fils, fils perdu, fille perdue, bougre et criminel; enfant-roi, enfant-sage, fou aux paroles divines. Ils veulent me faire taire. Il m'enferme dans leurs caves, me privent de nourriture, me battent, mais je ne meure pas. Ils tentent de m'étouffer pendant mon sommeil, mais je ne meurs pas. Ils tentent de me faire périr par le feu mais je ne brûle pas. Ma voix leur parvient, encore et toujours; telle une litanie qui les empêche de trouver le repos, de s'endormir paisiblement sur le matelas de leurs hypocrisies; ma voix devint aussi tranchante qu'un poignard, lame qui vrille leurs oreilles et déchirent leurs entrailles jusqu'au sang .Je suis un imprécateur, la mauvaise conscience de ce monde. Je suis un vagabond, un barbare, un poète, un sublime bouffeur de queues; frère des putes et pute moi-même, je suis un sauvage, la honte des familles bourgeoises et l'ennemi du bas peuple avec qui je n'ai rien à voir. Votre société n'est pas la mienne. Je ne suis pas de votre monde pour lequel je n'ai que haine et mépris. Vos lois ne me concernent pas. Elles sont faites pour les serfs des cités d'acier, moutons dociles se jetant dans les bras de l'égorgeur, or moi je suis un seigneur, le roi du monde souterrain. Je suis un survivant des siècles passés qui refuse de se laisser recouvrir par la boue des temps modernes.