écrire un message envoyer un flash son space 1 photo son blog son profil ses quizz son guestbook ses amis ses posts |
|
Amis de shazam
chantelune chansondetoile babawa natty974 salyna |
|
|
Nouvelles :: Murmures d'un assassin Quand j'étais enfant, je vivais dans un trou. J'était un petit orphelin et les gens qui m'avaient receuillis me maltraitaient. J'étais un enfant brimé brisé, humillié, exploité. On me nourissait à peine; je dormais sur un bas-flanc immonde. J'ai enduré tout cela pendant des années, et il n'y avait qu'une chose, une seule qui me faisait tenir le coup: l'enivrante et réconfortante idée qu'un jour je les tuerais. Un jour je l'ai enfin fait. Je m'en souviendrais toujours. C'était en juin, le matin de mes quinze ans. Ce matin-là, j'ai senti que ce jour était celui de ma vengeance. Le rouge a envahi mon univers, cette ferme miteuse ou j'ai grandi. Il y avait du sang partout. Je les ai égorgés tout les deux. J'ai mis le feu à cette masure tant haïe et je me suis sauvé. J'ai couru si vite que j'ai pensé pouvoir m'envoler. En fermant les yeux, en y croyant avec force, la chose est possible. Mais les flics sont arrivés et m'ont plaqué au sol. Ils m'ont coupé les ailes. Je suis un oiseau mutilé et à demi-mort qui gît sur le sol. Je voulais simplement m'envoler et toucher les étoiles. Olivier Ody # - Commentaires (1) - crée le 12/05/2007 11:59 Nouvelles :: Baron Bâtard. C'est ce qu'ils pensent de moi. C'est tout ce que je suis à leurs yeux. Bâtard. Mot infâmant dont j'ai compris le sens dès ma prime jeunesse; mot douloureux quand j'ai compris qu'il me désignait. Bâtard. Je vois l'indifférence dans les yeux de mon père, le mépris dans les yeux de mes demi-frères et des courtisans. Peu importe que je sois vif, peu importe que je sois brave. Peu importe que je me sois couvert de gloire dans l'armée, pendant la guerre contre les royaumes du nord; à leurs yeux, je ne serais jamais que le bâtard que le Baron, notre très craint et très respecté seigneur, a eu avec sa putain. Je ne serai jamais considéré comme l'égal de mes frères, quel que soit mon mérite. Ils me verront toujours comme le fruit honteux des amours de leur père avec une fille du peuple, et jamais je ne lirai la fierté dans les yeux de celui que je n'ai pas le droit de nommer père. Je baisse les yeux et j'attends mon heure. Je feins de ne pas entendre les insultes et les murmures sur mon passage. Je jugule ma haine. Le jour où je la déchainerai, elle sera féroce, insensée, inhumaine. Le jour viendra ou je noierai leur rires dans le sang. Le jour viendra ou mon nom ne sera prononcé qu'avec terreur, et ou les plus puissants dignitaires de cette contrée mettront devant moi un genou en terre en m'appelant seigneur. Le jour viendra ou je plongerais mon épée dans le corps du Baron -notre très craint et très respecté seigneur- pour lui arracher sa couronne. Le silence de mort qui se fera alors autour de moi etouffera ce maudit mot qui résonne telle une litanie à mes oreilles : bâtard. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 11/05/2007 14:40 Revue de Presse :: David Wojnarowicz, entretien avec Nan Goldin Entretien avec Nan Goldin Traduction de Laurence Viallet # - Commentaires (0) - crée le 10/05/2007 11:30 Revue de Presse :: Texte de soutien à Henri-Claude Cousseau, par LL de Mars
# - Commentaires (0) - crée le 10/05/2007 11:27 Revue de Presse :: Extrait de "Sebregondi recule" d'Osvaldo Lamborghini L'enfant prolétaire, par Osvaldo Lamborghini Dès qu’il fait ses premiers pas dans la vie, l’enfant prolétaire souffre des conséquences de son appartenance à la classe des exploités. Il naît dans une pièce qui tombe en ruine, généralement avec une immense hérédité alcoolique dans le sang. Tandis que la femme auteur de ses jours le jette au monde, assistée d’une guérisseuse vieille et vicieuse, le père, co-auteur, entre deux vomissures qui étouffent les gémissements licites de la parturiente, se soûle avec un vin plus dense que la crasse de sa misère. * Estropié !, son petit pantalon soutenu par une seule bretelle en chiffon et ses journaux sous le bras, arrivait sans nous voir et marchait vers nous, trois enfants bourgeois : Esteban, Gustavo, moi. extrait de Sebregondi recule in Le Fjord pp. 88-92 # - Commentaires (0) - crée le 10/05/2007 11:21 Revue de Presse :: Au bord du gouffre, article de Laurent Goumarre Au bord du gouffre Laurent Goumarre «Le fait de rendre public quelque chose de privé a de terribles répercutions sur le monde préfabriqué», écrivait David Wojnarowicz en 1991, soit un an avant de mourir du sida, à 38 ans, dans Au bord du Gouffre, comme un pavé lancé à la gueule des années Reagan responsable de «cultiver jour après jour l’illusion d’une Nation monoclanique». Déchirer l’unidimensionnalité du déni, voilà l’enjeu de ce texte en éclats, publié douze ans plus tard par Laurence Viallet, activiste des textes débordés - Dennis Cooper, Michael Gira, sans oublier Peter Sotos et son porn-horrifique Index. On peut s’interroger sur les raisons d’un tel silence. Trop malade, on a dû penser pour le marché français, trop gay, trop symbolique et premier degré, trop eighties, trop «merde de témoignage», on a dû penser de cet artiste qui photographia son amant portant un masque de Rimbaud partout dans la ville de New York, comme un virus poétique, ou gay, à moins que ce ne soit la même chose. Car Wojnarowicz part sur tous les fronts dans cet ouvrage qui surjoue les effets de montage/télescopage, ruinant l’identification d’un style qui serait faire main basse sur la littérature, préférant se déplacer en terroriste déclassé dans un texte surgi in extremis de la compilation de plusieurs années d’écriture, au point d’apparaître comme un journal littéraire. Wojnarowicz y dit «Je», y dit tout : l’enfance déglinguée par des parents borderline, une sexualité précoce initiée à 5-6 ans, tarifée à 9 ans, sa non-«formation artistique», sa fascination pour les hommes de crasse et de sueur, la prévention en matière de sida... Bref, tout mais dans le désordre ; c’est le bordel, réel et fantasme de scenari sexuels se «mixtent» comme ça, comme ça lui vient avec des écarts de style d’un chapitre à l’autre tels qu’ils fondent moins une autobiographie, ou autofiction, qu’une stratégie littéraire pour tout essayer en même temps et tout contaminer : prose spontanée post-Kerouac, sophistication stylistique à la Genêt, ou écriture frontalement pamphlétaire. «Dérèglement de tous les sens», aurait dit le masque de Rimbaud pris en photo devant une laverie, ou un cinéma porno, à moins que ce ne soit la même chose. Parce que tout chez Wojnarowicz est déréglé, mentalement, corporellement, faisant parfois sauter la ponctuation d’une phrase essoufflée mais jamais asphyxiée, prise dans un vertige surnuméraire : «Au bout de trois jours sans dormir avec seulement deux beignets volés dans le ventre mes yeux commencent à diverger : l’un se barre à gauche et l’autre à droite et au bout de quatre jours sans bouger du porche d’un immeuble dans une petite ruelle la tête nichée entre les bras à regarder défiler quatre heures de paires de jambes parmi trop de bruits de circulation et les camés qui essaient de nous dépouiller et le soleil c’est l’été à New York...» Ce débordement n’a rien d’une maladie, c’est un symptôme poétique qu’on a ou pas. Wojnarowicz l’avait : « Quand j’étais petit je lisais des BD d’Archie mais ça m’embêtait parce que je découvrais un univers qui n’avait rien de commun avec le mien. Je me rappelle que j’étais curieux des choses du sexe et que je m’étonnais de ne rien voir de sexuel dans le monde d’Archie. Je me rappelle que j’avais pris un cutter pour découper les BD et j’avais disposé des morceaux de corps dans tous les sens de sorte qu’Archie, Veronica, Reggie et Betty s’envoient en l’air.» Au bord du gouffre est à comprendre sur le même mode : sauter pour s’envoyer en l’air. Et en «public», s’envoyer en l’air en public ; porter le «privé» et l’intime sur la place publique pour en lézarder sa construction préfabriquée, formatage, cadrage et critères d’évaluation. Le «je» de Wojnarowicz définit une écriture violente, frontale mais pas perverse - on n’est pas chez Dennis Cooper qui compte avec Burroughs parmi ses plus fidèles admirateurs -, une frontalité qui prend position contre la censure reaganienne, sa désinformation sur la contamination du VIH, contre le sénateur Helms qui chercha à démanteler la NEA (une institution culturelle d’aide à la création) pour avoir financé des expositions d’Andres Serrano et Robert Mapplethorpe : « Au moins dans mon imagination ingouvernée je peux baiser sans capote, et dans l’intimité de mon propre crâne, je peux inonder Helms avec un bidon d’essence et foutre le feu à son cul putride, ou pousser dans le vide William Dannemeyer du haut de l’Empire State Building. » La frontalité : elle est peut-être là, la raison du long désintérêt de l’édition française pour un auteur reconnu aux États-Unis, comme du monde de l’art français pour cet artiste ami de Nan Goldin, cinéaste expérimental, plasticien surexposé dans les années 1980, sélectionné en 1985 par la Biennale du Whitney Muséum parmi les meilleurs artistes de la décennie, encore récemment célébré par une série de rétrospectives. Parce que quand il jette 50 kg d’os de vache ensanglantés dans les escaliers d’un vernissage de Léo Castelli avant de dessiner une assiette vide et une fourchette sur le mur, et de partir en courant, ou quand il détourne dans ses fameuses Sex Séries l’imagerie de la New Frontier en polluant des photos de trains, avions, scènes militaro-indus-trielles de vignettes pornographiques, Wojnarowicz ne passe pas par la métaphore. Je n’y vois aucun déficit, aucun évitement, ni déni, mais la violence d’un rapport immédiat au monde, aussi mental que corporel qui le pousse dans une logique virale à déterritorialiser sans cesse ce texte : 1/ lu pendant la Eleventh Hour devant les caméras ; 2/ publié dans Au bord du gouffre : 3/ écrit sur le tableau Untitled (Thé Death of Péter Hujar) : «La ligne est tenue entre le dedans et le dehors et elle commence à se désagréger et je suis un homme qui fait quinze mètres de haut. pèse cinq cent soixante et un kilos et se cache dans un corps d’un mètre quatre-vingts et je ne sens rien que la pression je ne sens rien que la pression et il faut qu’elle s’échappe.» S’échapper, autant s’envoyer en l’air. Art Press # - Commentaires (0) - crée le 10/05/2007 11:18 Revue de Presse :: Analyse de l'oeuvre de David Wojnarowicz par Félix Guattari David Wojnarowicz par Félix Guattari C'est parce que l'œuvre créatrice de David Wojnarowicz procède de toute sa vie qu'elle a acquis une pareille puissance. C'est, en effet, par son œuvre plastique et ses textes littéraires qu'il s'est construit tel qu'il est aujourd'hui. Enfant très vite livré à lui-même, vivant d'expédients, s'adonnant à la prostitution dès l'âge de neuf ans, c'est la rencontre d'un adulte qui pressentit sa vocation d'artiste et d'écrivain qui devait réorienter radicalement son existence. Au commencement, son œuvre plastique consistait à faire des pochoirs sur les murs de New York, en particulier des bombardiers en flammes et des maisons qui explosaient. Jusqu'au jour où il se mit à faire de grandes fresques dans un entrepôt abandonné. Rejoint par une trentaine d'amis artistes, ce lieu fut investi durant trois mois jusqu'à ce que des journalistes s'en mêlent. C'est ainsi qu'est né l'East Village Art. Ses toiles aujourd'hui résultent d'une superposition de strates de collages, de photocopies, de pochoir et de peinture acrylique. On y retrouve une gamme de thèmes qu'il ne cesse d'approfondir : à côté de la maison qui explose, les cartes du monde déchirées, des dollars collés en série, des têtes à la bouche cousue, des hommes armés de revolver, une colonne grecque, etc. Il ne s'agit ici nullement de citations et d'un éclectisme post-modernistes, car l'intention de David Wojnarowicz est explicitement idéologique : il entend par son message toucher le maximum de monde ; il s'agit pour lui de forger des armes imaginaires de résistance aux pouvoirs établis. Les amateurs d'Art qui contemplent les œuvres de David Wojnarowicz ne donnent probablement pas la même signification que lui à ces divers éléments. Mais la question n'est pas là ; ce qui importe, c'est qu'à travers la concaténation des chaînons sémiotiques qu'il forge, il aboutisse à singulariser son message, de sorte qu'à partir de là il soit possible de reconstituer une énonciation processuelle. Il y a ainsi transfert d'une vocation de singularisation. La représentation n'est pas seulement là pour donner à voir passivement des formes significatives, mais pour déclencher un mouvement existentiel sinon de révolte, du moins de créativité existentielle. Alors que tout semble dit et redit au point où nous en sommes de l'Histoire de l'Art, quelque chose émerge du chaos de David Wojnarowicz qui nous place devant notre responsabilité d'être pour quelque chose dans le cours du mouvement du monde. Ce que David Wojnarowicz reproche à l'Art qui est sous les projecteurs aujourd'hui (les conceptuels, les minimalistes) c'est précisément qu'il ne fait que renforcer la destruction de l'imagination créatrice par un culte des fornes préexistantes. Ce peintre écrivain est exemplaire en ce qu'il subordonne entièrement son processus de création au dévoilement quotidien de sa vie. Ainsi il réinjecte concrètement un principe de singularisation dans un univers qui n'a que trop tendance à s'adonner à une rassurance universaliste. Cette singularisation se redouble aujourd'hui de façon dramatique du fait que David Wojnarowicz a un rendez-vous pressant avec la mort. Porteur du virus du sida il intègre cette séquence de sa vie à la phase ultime de son œuvre en particulier écrite. Il refuse de façon véhémente la façon dont la société stigmatise les porteurs du sida ; il retrouve à cette occasion les accents des grands mouvements des années soixante. Sa révolte contre la mort et la passivité mortifère de la société autour de ce phénomène donne un accent véritablement bouleversant à son œuvre de vie qui transcende littéralement le style de passivité et d'abandon à la pente entropique du destin qui caractérise l'époque présente. # - Commentaires (0) - crée le 10/05/2007 11:16 Musique :: "Raoul & The Kings Of Spain", de Tears For Fears Sans doute le plus bel album du groupe. Du rock'n Roll inspiré, laissant place par moments à de la guitare andalouse , sur Sketches Of Pain notamment et sur l'éblouissant Los Reyes Catolicos. Une musique qui s'adresse autant au cerveau qu'au corps. La voix magnifique de de Roland Orzabal.Raoul & The Kings Of Spain est un album assez ancien, mais c'est un album élégant et raffiné. Deux qualités qui sont devenues si rares dans la musique contemporaine pou qu'on se précipite sur ce disque (on le trouve chez tout les bons disquaires, ceux qui ont dans leurs arrières-boutiques de précieuses vieilleries. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 28/04/2007 10:31 Musique :: "Sacred Fire-Live In South America", de Santana Carlos Santana est un génie qui donne sa pleine mesure sur scène, et il le prouve, avec ce superbe album live. Non content de reprendre ses plusz grands succès, ainsi que des chansons du répertoire sud-américain, il se lance dans une version bouleversante d'Europa, à rendre fou n'importr quel mélomane. Oui, Carlos, le feu sacré est bien là. Tu l'as en toi. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 28/04/2007 10:15 Musique :: "He Poos Clouds" de Final Fantasy
Owen Pallett est un jeune violoniste, arrangeur du groupe Arcade Fire, qui a trois passions dans la vie: la musique classique, le rock et les jeux vidéos. Trois passions qui se rejoignent dans l'album-concept He Poos Clouds, le deuxième que sort Owen sous le pseudonyme de Final Fantasy. L'album suit une trame inspirée par le jeu Dungeons & Dragons et nous emmène dans un univers musical ou le violon, le piano et l'orgue rencontrent les vocoders et les pédales de sample. Des morceaux divins (Many Lives, He Poos Clouds, I'm Afraid Of Japan) emmenés par la merveilleuse voix d'Owen, tantôt douce comme une caresse, tantôt enragée et au bord de la folie. Bref, Final Fantasy, c'est de la vraie, de la grande musique moderne. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 28/04/2007 10:09 Icônes :: Owen Pallett, chanteur et violoniste Icônes :: Rainer Werner Fassbinder, écrivain, cinéaste, dramaturge Icônes :: Cindy Sherman, photographe Icônes :: Arthur Rimbaud, poète Icônes :: Pier Paolo Pasolini, écrivain, cinéaste, poète Icônes :: Sun Ra, musicien Icônes :: Bobby Kendall, comédien Icônes :: Aimé Césaire, poète et dramaturge Icônes :: William Shakespeare, dramaturge et poète Icônes :: Audre Lorde, écrivain, théoricienne, poète Icônes :: Kathy Acker, écrivain Icônes :: David Wojnarowicz, écrivain et plasticien Films Cultes :: Drugstore Cowboy Premier rôle en tant qu'adulte de Matt Dillon, Drugstore Cowboy raconte l'histoire de Bob, un jeune drogué, qui vit de trafics et d'expédients, avec sa compagne, Dianne, et deux complices. Pour s'approvisionner en drogue dans les pharmacies, Bob et sa bande ont une technique bien rôdée: l'une des filles feint d'avoir un malaise, et tandis qu'elle détourne l'attention du personnel et des clients, Bob n'a plus qu'à se faufiler dans l'arrière boutique pour s'emparer des stocks. Poursuivi par un inspecteur tenace, qui veut les remettre dans le droit chemin, ils s'exilent dans une autre région. Mais un drame se produit, qui va amener Bob à jeter un regard différent qur son existence...Drugstore Cowboy est l'un des plus beaux films de Gus Van Sant, et le cinéaste Larry Clark revendique son influence sur son propre travail, et notamment sur Kids. Outre la magnifique interorétation de Matt Dillon, le film bénéficie également de la présence de l'écrivain William S. Burroughs, dans un rôle quasiment autobiographique ( d'autant plus qu'il a tenu à écrire lui-même son texte), qui promène devant la caméra de Van Sant son pas nonchalant et assène au passage quelques vérités sur la drogue, la vie et les hommes. Un très beau film. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 13/04/2007 10:20 Films Cultes :: Attache-moi, entre rêve et cauchemar Attache-moi, débute par la sortie de l'hopital psychiatrique de Ricky (Antonio Banderas), un jeune homme qui n'a qu'un but: retrouver Marina (magnifique Victoria Abril), une ancienne actrice de films pornographique aujourd'hui reconvertie dans le cinéma "traditionnel", dont il est tombé amoureux. Passablement perturbé, pour ne pas dire fou à lier, le jeune homme tente d'attirer l'attention de Marina, qui ne le reconnaît pas, puis décide de l'enlever et de la retenir entravée dans son propre appartement. Le rapprochement peut sembler audacieux, mais Attache-moi ! fait par certains aspects songer à Mercure , le roman d'Amélie Nothomb, par l'étrange relation qui se noue entre Marina et son geolier ( d'ailleurs, lequel est véritablement prisonnier de l'autre? Ricky n'est-il pas attaché-dans tout les sens du terme- à Marina?) et surtout, il défend l'idée que l'amour, le vrai, le grand, n'est jamais très éloigné de la perversion. Au fond, Ricky pourrait répondre, comme le capitaine Omer Loncours, à quiquconque lui reprocherait de "trouver l'amour comme le vautour sa proie" : "Ainsi procèdent les fins connaisseurs, tandis que les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude; ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire." Voilà une phrase sur laquelle devrait méditer les amants en ces beaux jours printaniers . Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 12/04/2007 12:39 Manifeste pour un cinéma de qualité :: Manifeste pour un cinéma de qualité I .Tout comme les autres secteurs culturels, le cinéma est nivelé par le bas. Jamais le septième Art n'avait été à ce point envahi par la médiocrité; d'un côté les comédies françaises à l'humour gras et potache, de l'autre, des grosses productions américaines qui tentent de compenser le vide sidéral de leur propos par une débauche d'effets spéciaux destinées à impressionner leur coeur de cible, un public compoisé en grande partie d'adolescents attardés et de jeunes adultes incultes qui consomment du cinéma comme on consomme un Big Mac. C'est le règne de la bêtise et du mauvais goût. Le cinéma d'auteur est en danger, le cinéma populaire de qualité à disparu, à quelques exceptions près. Il ne reste plus qu'un cinéma de "divertissement", au pire sens du terme. II. Il serait erronné de croire qu'il s'agit d'un hasard. Si l'on tente de dévaloriser le cinéma, et l'art en général; si l'on rend difficile voire impossible pour le grand public l'accès à la culture, c'est pour mieux contrôler la population. Un citoyen informé et cultivé est plus difficile à manipuler, il tombe moins facilement dans les "pièges à cons" tendus par les médias, la publicité, les politiques, communicants et démagogues de tout poil. Les instances qui nous gouvernent ont donc tout intérêt à favoriser l'accès à des choses légères et frivoles, ànous inciter à regarder TF1 plutôt qu'Arte, à lire Dan Brown plutôt que Victor Hugo, et surtout à ne jamais regarder les films de Paradjanov, de Monteiro ou de Pasolini, qui porraient nous donner envie de nous révolter, à favoriser la télé-réalité, MTV, les soap-opéras, toutes ces idioties destinées à créer du "temps de cerveau disponible", bref, à nous faire jouer le seul rôle qu'on nous laisse volontiers jouer dans le monde d'aujourd'hui: celui d'un consommateur qui pousse son caddie. III. On peut faire un cinéma qui soit populaire sans pour autant jouer cyniquement sur les bas instincts de l'homme. Des gens comme Sam Raimi, Claude Berri, ou Spike Lee y sont parvenus. Le cinéma d'auteur s'il rencontre de grandes difficultés, est encore fièrement représenté par des grands anciens comme David Lynch,Isaac Julien, Larry Clark, Pedro Almodovar,Claude Chabrol, ainsi que par des jeunes cinéastes comme Florian Henckel Von Donnersmarck, Jonathan Cahouette ou Asia Argento. Le cinéma ne mourra pas. Les régimes totalitaires n'ont jamais réussi à le tuer; ce n'est pas le néo-libéralisme qui y parviendra. Olivier Ody # - Commentaires (0) - crée le 04/04/2007 12:45 Revue de Presse :: 1. "L'Artiste et la Société", texte de Kathy Acker
Traduction de l'anglais par Jean-Philippe Cazier
Je voudrais parler pour commencer de ce qui m'est arrivé récemment. Tout d'abord, il faut installer le décor. Le 2 novembre de cette année (1994), en Idaho,. pourrait être votée la . proposition 1. Si elle était votée, cette proposition mettrait en place les politiques suivantes :
Aucune institution publique, aucun département ou subdivision politique n'accordera le statut relatif aux minorités aux personnes dont le comportement est homosexuel ; les mariages ou concubinages entre personnes de même sexe ne seront pas légalement reconnus ; les enseignants des écoles ne devront pas parler de l'homosexualité comme d'un comportement acceptable ; en aucun cas l'argent public ne sera donné aux actions dont l'effet serait l'acceptation ou l'approbation de l'homosexualité ; dans les bibliothèques, seuls les adultes pourront accéder aux matériaux relatifs à l'homosexualité ; certaines pratiques sexuelles privées pourront motiver un refus d'embauche dans le secteur public…
La guerre, la fureur qui s'est déchaînée autour de cette proposition 1, ont évolué vers quelque chose de plus important et de plus profond : l'antagonisme déclaré entre la droite religieuse et ceux qui ne sont pas ou plus fondamentalistes. Il n'est pas impossible que le combat engagé autour de cette proposition (et d'autres lois du même genre) retrouve l'allure des guerres de religion. C'est dans cette ambiance que je me suis retrouvée, il y a trois semaines, n'étant au courant de rien, à déambuler en toute inconscience. Le département d'anglais de l'Université d'Idaho m'avait contactée pour assurer un cours intensif de deux semaines et pour faire une lecture de mes fictions. Cette lecture a eu lieu trois jours après le début de mon cours. Sans que j'en sois informée, le « drame » avait commencé avant ma lecture. Certains des professeurs de littérature avaient discuté avec le doyen pour savoir si des gardes de sécurité devaient être présents durant ma performance. Cependant, lorsque j'ai demandé au professeur qui s'occupait de moi s'il voyait un problème quelconque à ce que je lise en public tout un matériel explicitement sexuel, il me répondit « Bien sûr que non. Plus il y en a, mieux c'est ». Je vous lis un extrait du compte-rendu de ma performance tel qu'il fut rédigé par un des membres du journal de la fac :
Il faudrait interdire les livres de cet auteur et, encore mieux, l'auteur elle-même. Je n'avais pas été prévenu que cette lecture serait violemment offensante, remplie de références à l'acte sexuel lesbien (dont je ne sais rien et aurais préféré continuer à ne rien savoir).
Selon cette revue, mes principaux péchés furent d'employer les mots « c… » et « f… » (c'est ainsi qu'ils furent retranscrits dans tous les journaux), de décrire un amour lesbien, et de lire un récit difficile à suivre. Je dis le mot « péché » avec précaution ; après ma lecture, un étudiant m'accusa d'être possédée par le démon. Deux jours plus tard, le rédacteur en chef du même journal universitaire m'interviewa et il y eut un déluge de lettres de protestation. Puis, des lettres protestant contre les lettres de protestation furent aussi envoyées. Un des résultats de cette histoire fut que le principal journal de cette partie du monde, le « Lewiston Tribune », s'empara de l'affaire. Ils ont passé la semaine à m'interviewer. Le jour même où, heureusement, j'ai quitté la ville, des photos de moi en grand format et en couleur accompagnaient un entretien tout aussi coloré, un entretien avec un pornographe (c'est-à-dire moi) qui prenait toute la première page de la section « loisirs ». Dolly Parton occupait la page suivante. Je reviendrai, non pas sur l'histoire dont je viens de parler rapidement, mais sur sa matière, la matière de l'histoire, en faisant un détour. Je veux parler du rapport du poète à sa société. Je veux parler avec précision, bien que brièvement, d'un type de rapport existant entre le poète ou l'écrivain de fiction et la société, à savoir la marginalisation. Je veux parler de la façon dont cette marginalisation a commencé. Ensuite je reviendrai au présent, à notre présent. J'examinerai le poète ou l'écrivain de fiction aujourd'hui, sa relation avec la société, j'examinerai cette marginalisation aujourd'hui. Je parlerai de cette marginalisation de la littérature aujourd'hui, par exemple dans le contexte de la Proposition1. Je commencerai par la lignée littéraire dont mon écriture est la plus proche ; ici apparaîtront les débuts de ce mouvement de marginalisation. Né en 1821, Charles Baudelaire, effrayé par la puissance économique et sociale de la classe bourgeoise naissante, a directement et indirectement posé que, par principe, le poète est celui (en ce temps là on n'aurait pas dit « celle ») qui ne peut absolument pas et ne doit pas soutenir cette société – celui qui ne cherche pas à plaire ou à divertir un riche patron, mais au contraire qui choisit, par sa vie et par son écriture, de toutes les manières possibles, d'être différent, de défier. Dans son poème en prose « N'importe où hors du monde », Baudelaire dialogue avec sa propre âme. Baudelaire commence à parler, il dit que la vie est un hôpital. En même temps il veut contenter son âme, et recherche alors des endroits calmes, des géographies dans lesquelles son âme aimerait séjourner. Après tout, il doit bien y avoir quelque chose, quelque part, dans ce monde, qui pourrait donner à son âme un plaisir. L'âme n'est pas intéressée, l'âme ne veut rien de tout cela. J'irai n'importe où, répond l'âme, n'importe où pourvu que ce soit hors de ce monde. Dans sa poésie, Baudelaire a représenté une société éprise d'art et pour laquelle la littérature devait être écrite avec une certaine ironie, avec élégance, en vue du plaisir, ou même pour éduquer, s'adressant à ceux qui possédaient un goût irréprochable : les classes moyennes supérieures. Baudelaire : J'ai contemplé la ville depuis le sommet d'une tour : hôpital, bordel, prison, et des enfers incroyables… Ceci est la ville qu'il désire Ce n'est pas ici que séjourne confortablement le riche, l'instruit, le parnassien, le fin lettré. Et il poursuit : Oui, j'aime d'amour cette ville infâme, c'est ici que les marginaux ont leurs propres plaisirs, que le troupeau vulgaire ne pourra jamais comprendre. Né en 1854, Arthur Rimbaud a rendu plus profond et plus large le dégoût de la société exprimé par Baudelaire. Rejeté même par les poètes rebelles, cet enfant agresse directement toute position sociale et politique possible, il agresse aussi bien les libéraux de son temps que les tyrans, aussi bien et sans distinction les maîtres et les travailleurs : J'ai horreur de tous les commerces, maîtres et travailleurs, lourds paysans… Rimbaud attaque non seulement les distinctions de classes mais aussi la littérature : La main qui conduit le stylo vaut la main qui conduit la charrue et dans cette époque je n'aurai jamais ma propre main. Ceci est une description de la pratique littéraire, de la structure même de la littérature – je n'aurai jamais de main ! L'enfant continue : Qui m'a donné une langue aussi perfide ? Une langue qui jusqu'à présent a su guider et garder ma profonde indolence ? Sans jamais me servir de mon corps, plus paresseux que le crapaud, j'ai vécu partout. Je connais chaque famille d'Europe, chaque famille comme ma propre famille, chacune devant tout à la Déclaration des Droits de l'Homme. J'ai connu chaque fils de famille… Souvenez-vous que la mère de Rimbaud était fanatiquement religieuse. Baudelaire et Rimbaud se sont eux-mêmes reconnus comme écrivains contre une société du pouvoir. Ils se sont vus eux-mêmes, en tant qu'écrivains, comme des dandies, des amis des putes, des lâches, ils se sont perçus eux-mêmes comme tout ce que l'on voudra mais surtout sans pouvoir. Artaud, notre crapaud. Le plus aliéné de tous les poètes occidentaux. Artaud rime avec Rimbaud. Artaud nous a prouvé que pour être poète il faut être davantage que marginal. Il faut être rendu malade par notre société, jusqu'à la folie. Artaud nous a prouvé que la structure politique de cette société est inextricablement rattachée à ce qui est surtout et avant tout social : la structure familiale. Cet enfant, cet enfant, écrit Artaud, n'est pas ici, il est seulement un angle, et il faut se souvenir du triangle oedipien ou de la Sainte Trinité, il est uniquement un angle... Ecoutez la folie d'Artaud, la façon selon laquelle, ici, il relie sa propre douleur au monde politique : Ce monde de papa-maman est justement celui qui doit disparaître, et pour cela existe le monde où l'on se dédouble, dans un état permanent de désunion cherchant aussi, en même temps, en permanence, la réunion… Ici, Artaud parle de la façon dont la structure politique construit et définit l'identité : Cette structure politique, ce monde-papa-maman, conclut Artaud, façonne le monde dans son ensemble, méchamment soutenue par l'organisation la plus sombre. A propos d'un artiste fou, Artaud écrit : On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh, qui de sa vie entière n'a fait que cuire une de ses mains, et n'a rien fait d'autre que se couper l'oreille gauche, dans un monde où chaque jour nous mangeons du vagin bouilli en sauce verte ou du pénis de nouveau-né fouetté et battu jusqu'à liquéfaction… Nous devons nous demander : Quelle est cette santé que Van Gogh a su conserver ? Quelle est cette santé des artistes qui vivent dans la marge, dans les marges de la société, dans la distance qui existe entre la santé mentale et la folie ? |



